Les Qualités Médicinales du Sida cordifolia, un anti-microbien systémique

Sida cordifolia est une espèce de la Famille des Malvacées. Le genre Sida comprend une centaine d’espèces – ou beaucoup moins, ou beaucoup plus, en fonction des taxonomistes. Ces espèces croissent, principalement, dans les régions tropicales et sub-tropicales de la planète – mais certaines, également, se sont naturalisées dans des pays tempérés.

Le terme “sida”, adopté par Linnée, provient de l’ancien Grec “sídē” qualifiant, dans les écrits de Théophraste, le Nénuphar et la Grenade.

Cette monographie va, principalement, se focaliser sur l’espèce Sida cordifolia – car elle est disponible en semences bios chez l’Association Kokopelli. Cependant, je vais évoquer, également, l’usage d’autres espèces médicinales, au sein de ce genre.

Les autres espèces de Sida réputées médicinales, dans les traditions planétaires, sont : Sida humilis, Sida rhomboidea, Sida rhombifolia, Sida alba, Sida veronicaefolia, Sida hermaphrodita, Sida linifolia, Sida spinosa, Sida cordata, Sida alnifolia, Sida hermaphrodita, Sida urens, Sida tuberculata, Sida tiagii, Sida carpinifolia, Sida indica.

Les plantes de Sida cordifolia font de 50 cm à 2 mètres de hauteur. Les fleurs sont de couleur crème ou jaune. Les feuilles sont en forme de coeur – d’où le terme Latin “cordifolia”. Leur culture est des plus aisées dans les zones tempérées. La germination des semences peut prendre quelques semaines et elle requiert une température assez élevée.

Sida cordifolia s’est, en effet, naturalisé dans la plupart des régions du monde. Cette espèce est, même, considérée comme une plante invasive en Afrique, en Australie, aux USA, à Hawaï, en Polynésie Française, etc – une preuve de la générosité de la Terre-Mère car cette espèce, dite invasive, est extrêmement médicinale.

Sida acuta, originaire d’Amérique centrale, s’est également naturalisé de par le monde. En Australie, la paranoïa, à l’encontre des plantes dites invasives, est telle que le coléoptère Mexicain, Calligrapha pantherina, y a été introduit afin de tenter d’éradiquer cette espèce de Sida. Les invasivophobes Australiens n’ont pas encore précisé comment ils allaient se débarrasser de ce coléoptère Mexicain – lorsqu’il sera devenu aussi invasif que le lapin Européen dans ce continent.

Sida cordifolia est l’une des plantes les plus réputées de la Médecine Ayurvédique – et des deux autres Médecines de l’Inde, Unani et Siddha. Ce sont ses feuilles, ses tiges, ses fleurs et ses racines qui sont utilisées. Son usage, en Asie, est pluri-millénaire.

Son appellation en Sanskrit est “Bala” – qui signifie “Force, Vigueur”. Selon la Médecine Ayurvédique, d’autres espèces, du même genre, sont, également, utilisées médicinalement telles que, par exemple, Sida rhomboidea, “Mahabala” ; Sida rhombifolia, “Atibala” ; Sida alba, “Nagabala”. En 2006, en Inde, la consommation annuelle de Sida était estimée à près de 6000 tonnes – toutes récoltées dans le sauvage.

Sida cordifolia a été, également, utilisé médicinalement par les médecines traditionnelles du Tibet, de Chine, d’Afrique, d’Australie et d’Amérique Latine. Cette espèce possède, en effet, de très nombreuses qualités médicinales : toniques, anti-inflammatoires, anti-spasmodiques, anti-tussives, anti-catarrhales, analgésiques, anti-pyrétiques, anti-ulcérogéniques, anti-oxydantes, neuro-protectrices, anti-nociceptives, hypotensives, cardio-protectrices, hépato-protectrices, sédatives, anti-prolifératives, anti-diabétiques, hypoglycémiques, anti-hypercholestrolémiques, vulnéraires… [2]  [3]  [4]  [5]  [6]  [10]  [41]

Dans la Tradition Hindoue, le Sida cordifolia est associé à la déesse de la grâce et de la beauté, “Sodashi”, qui est appelée, également, “Tripura-Sundari” – à savoir “Trois fois Belle”. Ainsi, les trois plantes médicinales maîtresses conseillées pour la beauté des femmes sont : Sida cordifolia, Saraca asoca et Asparagus racemosa.

Dans la Médecine Ayurvédique. Ses feuilles, tiges et racines sont utilisées pour traiter la dysenterie chronique, la gonorrhée, l’asthme, les hémorroïdes et les pathologies neuro-dégénératives telle que la Maladie de Parkinson.  Elles sont également utilisées comme aphrodisiaque. Ses racines sont utilisées pour les pathologies nerveuses telles que la paralysie faciale, l’hémiplégie et pour les pathologies urinaires. Les écorces de ses racines sont utilisées pour leurs propriétés stomachiques, émollientes, toniques, astringentes, amères, diurétiques et aromatiques. Ses graines sont utilisées comme aphrodisiaque et, également, dans le traitement de la gonorrhée, de la cystite, des hémorroïdes, des coliques et du ténesme. Son huile est utilisée pour les rhumatismes et l’arthrite.

La Médecine Ayurvédique a, également, recours à Sida cordifolia pour soigner la tuberculose, les abcès, les ulcères, les problèmes cardiaques, la sciatique, les névralgies, la spermatorrhée, la leucorrhée, la stérilité, l’arthrite, les rhumatismes, les refroidissements, les testicules enflammés, les fièvres, les blessures, les maux de gorge, les congestions nasales, les maux de tête, l’urticaire, la faiblesse de transpiration, les inflammations oculaires et la fatigue générale. [33]

De par ses propriétés toniques et énergisantes, le Sida cordifolia entre, ainsi, dans un certain nombre de préparations utilisées dans le monde de l’athlétisme. Récemment, il a été promu par l’Industrie “diététique” pour réaliser des cures d’amaigrissement en éliminant la sensation de faim (un effet de la présence d’éphédrine) et en réduisant le stockage des lipides dans les tissus (de par ses propriétés hypoglycémiques).

Il est à noter que certaines entités de l’Industrie Pharmaco-Diététique se sont montrées particulièrement hystériques quant à leurs déclarations sur les propriétés athlétiques et anti-obésité de cette plante – et quant aux posologies.

Et ce d’autant plus que la teneur en éphédrine, dans les espèces de Sida, est minimale en comparaison de celle présente dans le genre Ephedra, en particulier Ephedra sinica – appelée “Ma Huang” et l’une des plantes médicinales majeures de la Pharmacopée Traditionnelle Chinoise. La teneur en éphédrine dans les racines et dans les feuilles est, respectivement, de 0,006% et de 0,041% chez Sida acuta ; de 0,005% et de 0,036% chez Sida cordata; de 0,007% et de 0,112% chez Sida cordifolia ; de 0,031% et de 0,017% chez Sida acuta. Basiquement, Sida cordifolia ne contient que 5% de la teneur en éphédrine d’Ephedra sinica et 4% de la teneur en éphédrine d’Ephedra dystachia.

La Médecine Ayurvédique classe les espèces de Sida dans le groupe dénommé “Rasayana” – à savoir les plantes qui possèdent une action bénéfique sur les systèmes neuro-endocrino-immunitaires et qui constituent une source riche en antioxydants – telles que Withania somnifera (Ashwagandha), Evolvulus alsinoides, Centella asiatica (Gotu Kola), Bacopa monnieri et Mucuna pruriens. Ce sont des plantes médicinales puissantes dans le traitement des pathologies neuro-dégénératives telles que la démence, la Maladie de Parkinson, la Maladie d’Alzheimer, la perte de mémoire, etc. Un certain nombre d’études pharmacologiques ont mis en exergue l’action puissante de Sida cordifolia à cet égard. [24]  [25]  [26]  [27]  [28]  [29]  [30]  [31]  [34]

Au Brésil, Sida cordifolia est dénommé “Malva branca” ou “Malva branca sedosa”. Il est utilisé, par la médecine traditionnelle, pour traiter l’inflammation des muqueuses orales, l’asthme, la bronchite asthmatique, la congestion nasale, la blennorrhée, les problèmes d’estomac, les rhumatismes. Il y est également utilisé pour ses qualités analgésiques, anti-pyrétiques, diurétiques, laxatives, anti-inflammatoires, anti-microbiennes et aphrodisiaques. [1]

La Médecine Traditionnelle Chinoise utilise, communément, Sida acuta – “Huang hu aren” – et Sida rhombifolia  – “Huang hua mu” – pour soigner la dépression, la bronchite et les inflammations urinaires et pour bénéficier de  leurs propriétés antibiotiques, toniques, diurétiques, analgésiques et anti-inflammatoires.

La Médecine Traditionnelle Chinoise utilise, principalement ces plantes en décoction – avec une posologie d’environ 30 grammes par décoction.

Il n’existe qu’une quarantaine d’études, au monde, relatives à l’action anti-cancer des espèces de Sida. Ces études, même si elles n’ont pas été suivies d’effets, ont toutes été positives quant à la capacité des Sidas de traiter diverses formes de cancer : en particulier, les cancers du sang, du sein, du foie, du colon, des ovaires, des poumons, des os ainsi que les cancers glandulaires et les leucémies. [19]  [20]  [21]  [22]  [23]

Un étude de 2005, par exemple, a mis en exergue les propriétés anti-leucémiques du remède Padma 28, de la Médecine Tibétaine [32]. Ce remède, en sus du Sida cordifolia, contient les espèces médicinales suivantes : Calendula officinalis, Elettaria cardamomum, Syzygium aromaticum, Aquilegia vulgaris, Aegle marmelos, Saussurea lappa, Hedychium spicatum, Lactuca sativa, Cetraria islandica, Glycyrrhiza glabra, Azadirachta indica, Terminalia chebula, Plantago lanceolata, Polygonum aviculare, Potentilla aurea, Pterocarpus santalinus, Valeriana officinalis, Aconitum napellus.

Sida cordifolia se caractérise par ses propriétés fortement anti-microbiennes. Une étude Brésilienne, de 2006, a mis en exergue les propriétés anti-bactériennes et anti-fongiques, de son huile essentielle, à l’encontre de Staphylococcus aureus, Staphylococcus epidermidis, Micrococcus luteus, Pseudomonas aeruginosa, Candida albicans, Candida guilliermondii, Candida krusei, Candida stellatoidea, Candida tropicalis, Trichosporon inkin, Trichophyton rubrum, Trichophyton mentagrophytes et Penicilium[7] Une autre étude Brésilienne, de 2006, a mis en exergue les propriétés anti-bactériennes, et anti-fongiques, de son huile essentielle, à l’encontre de Staphylococcus aureus, Staphylococcus epidermidis, Candida guilliermondii et Trichosporon inkin. [12]

Une étude réalisée, en Inde, en 2019, a mis en exergue ses propriétés anti-bactériennes et anti-fongiques à l’encontre d’Escherichia coliStaphylococcus aureus et Candida albicans. [8] Une étude réalisée, en Inde, en 2013, a mis en exergue ses propriétés anti-bactériennes et anti-fongiques à l’encontre d’Escherichia coli, Klebsiella pneumonia, Staphylococcus aureus et Vibrio cholerae[9]

Une étude réalisée au Burkina Faso, en 2012, a mis en exergue ses propriétés anti-fongiques à l’encontre de Candida albicans, Candida parapsilosis, Candida tropicalis  et Candida Krusei[11]

L’ouvrage “A User’s Guide to Sida acuta, Sida cordifolia and Sida rhombifolia” décline une liste d’environ 70 bactéries et 30 fungi qui sont éliminés par l’une de ces trois espèces médicinales de Sida. [13]

Sida cordifolia est utiliséégalement, pour lutter contre le parasite Plasmodium – le vecteur de la Malaria. Il en est de même d’autres espèces de Sida, tel que Sida acuta[14]  [15]  [16]  [17]

En fait, pour Stephen Harrod Buhner – l’auteur de trois gros ouvrages sur la Maladie de Lyme et ses co-infections (Bartonella, Anaplasma, Babesia, Ehrlichia et Mycoplasma[18] – Sida acuta constitue un anti-microbien systémique et l’une des plantes médicinales maîtresses les plus performantes pour le traitement de cette pathologie, en très forte expansion, et de ses co-infections.

«Les Sidas sont de puissantes plantes anti-bactériennes systémiques à large spectre qui possèdent un grand éventail d’actions et qui contiennent l’une des substances végétales les plus puissantes et systémiques : la cryptolépine – un alcaloïde présent dans les espèces de Cryptolepis. Les Sidas possèdent des propriétés anti-paludiques, anti-protozoaires, anti-bactériennes, hémato-toniques, hémato-régénératrices, hémato-protectrices, anti-oxydantes (légères), anti-cancer (anti-néoplasiques, anti-prolifératrices), adaptogènes, analgésiques, anti-pyrétiques, anthelmintiques (le jus frais des feuilles), anti-amibes, anti-fertilité, insecticides, anti-inflammatoires, hépato-protectrices, anti-venin, anti-ulcérogéniques, hypoglycémiques. Ils protègent, très puissamment, les globules rouges – en particulier à l’encontre des invasions microbiennes. Ce sont de très bons adaptogènes.

Sida acuta est amplement utilisé dans les pratiques de la Médecine Traditionnelle, de par le monde, afin de soigner la malaria, les fièvres, les maux de tête, les pathologies cutanées, les blessures infectées, l’asthme, les pathologies du système digestif, les infections systémiques, les inflammations rénales, les maux de dents, les inflammations des gencives, l’hystérie, les contusions, les inflammations des yeux, le cancer du sein, les abcès, les névralgies et l’arthrite. La base de données de James Duke décline 12 espèces de Sida qui ont été utilisées traditionnellement pour le même type de pathologies – dont les plus communes sont Sida acuta, Sida cordifolia, Sida rhombifolia et Sida veronicaefolia…

… Il est important de signaler que le Sida constitue un protecteur extrêmement puissant des globules rouges à l’encontre de leur infestation par des organismes tels que Plasmodium et Babesia. Il a été prouvé, in vivo, qu’il neutralise le venin du serpent Bothrops atrox – une vipère commune et très vénéneuse d’Amérique du sud. Le venin de ce serpent est une neurotoxine qui détruit les globules rouges (à la différence de la neurotoxine plus commune des cobras et des crotales). Dans le cas du venin de serpent, il ne s’agit pas d’une action anti-microbienne détruisant un organisme infectieux mais de substances, dans la plante, qui neutralisent un composé hématotoxique. Dans ce sens, le Sida représente une catégorie unique dans les plantes médicinales : hémato-tonique, hémato-régénératrice et hémato-protectrice. Les espèces de Sida sont, particulièrement, bénéfiques dans le traitement de l’anémie et j’estime qu’il existe d’amples indications prouvant que ces espèces seront très utiles dans le traitement de certaines formes de myélomes – à savoir de cancers des globules rouges. Ce sont les seules plantes médicinales que je connaisse qui sont à ce point spécifiques pour le traitement des pathologies corrélées aux globules rouges.

Les espèces de Sida accroissent le niveau de glutathione dans le sang (un aspect important dans le cas des infections) et accroissent la quantité de globules rouges (ce qui est bénéfique dans le cas d’anémie) ; elles augmentent, également, le nombre de globules blancs – ce qui indique un effet de potentialisation immunitaire qui peut être corrélé avec ses propriétés adaptogènes réputées dans les pratiques traditionnelles. De nombreuses études ont découvert que Sida cordifolia possède des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques – dont certaines sont induites par sa capacité à accroitre    le niveau de glutathione. Les Sidas sont de puissants inhibiteurs de la peroxidation lipidique issue des membranes bactériennes; ils inhibent l’acide quinolinique dans le cerveau; ils réduisent, de manière conséquente, tout autant les enzymes cyclooxygénase que lipoxygénase. (Une teinture-mère de Sida a été prouvée aussi active que le médicament Sélégiline). Malheureusement, malgré ses propriétés anti-inflammatoires prouvées, peu d’études ont été réalisées quant à l’activité des Sidas à l’encontre des cascades de cytokines. L’utilisation de la plante, à la suite de défaillances myocardiques, a mis en exergue une augmentation conséquente des antioxydants endogènes dans les tissus cardiaques». Stephen Harrod Buhner in “Natural Treatments for Lyme Coinfections : Anaplasma, Babesia and Ehrlichia”. Traduction de Xochi.

Stephen considère les Sidas comme des plantes adaptogènes à utiliser durant des infections chroniques telles que la maladie de Lyme, la malaria et la dysenterie.

Pour soigner la malaria, Stephen conseille, par exemple, la confection d’un complexe de teintures-mères, à parties égales, de Sida, d’Artemisia annua et d’une espèce de Cryptolepis – telle que Cryptolepis sanguinolenta, le Cryptolepis sanguin. La posologie est de 2 cuillères à soupe, quotidiennement, pendant une semaine. A répéter toutes les deux semaines. Il est à noter que le Cryptolepis sanguin fait partie de la Famille des Apocynacées tout comme l’arbuste Calotropis procera, le Pommier de Sodome, qui est également utilisé, traditionnellement, en Afrique, afin de traiter la malaria.

Les alcaloïdes présents dans Sida cordifolia sont, entre autres : l’éphédrine, la pseudoéphédrine, la bétaïne, l’hypaphorine, la vasicine, la vasicinone, le vasicinol, la choline, le β-phénéthylamine, la cryptolépine.

Les études divergent quant à la présence de certains alcaloïdes dans les espèces de Sida. Par exemple, chez Sida cordifolia, des racines de 6 mois d’âge contiennent, principalement, des alcaloïdes de type quinazoline tandis que des racines de 2 années d’âge contiennent, principalement, des tryptamines (telle que l’hypaphorine). Il semblerait que la teneur en alcaloïdes diminue au fil du vieillissement des racines.

La vasicine, la vasicinone et le vasicinol sont des broncho-dilatateurs. Ces alcaloïdes, de type quinazoline, possèdent également des propriétés anti-malaria. [38]

La cryptolépine est active à l’encontre du cancer de l’estomac [40] ainsi qu’à l’encontre de la malaria.

L’huile de ses graines contient des acides sterculique, malvalique et coronarique. Ses parties aériennes contiennent des acides stéarique, hexacosanoïque, et palmitique.

Sida cordifolia contient, également, des flavonoïdes, de polyphénols, des phytoecdystéroïdes, des stéroïdes et des acides gras. [39]

L’usage de Sida cordifolia est déconseillé pour quelques individus et en particulier ceux utilisant des remèdes allopathiques – tels que les stéroïdes ou les inhibiteurs de la monoamine oxydase – ou des personnes susceptibles d’augmenter leur pression sanguine de par la présence (minimale) d’éphédrine dans cette plante (et de par la synergie potentielle avec la caféine).

De plus, les espèces de Sida sont considérées comme des plantes abortives et sont, donc, déconseillées durant la grossesse.

Selon certaines sources ethno-pharmacologiques [37], certaines espèces de Sida posséderaient des propriétés “psychoactives” – telles que Sida cordifolia, Sida acuta et Sida rhombifolia. Selon le célèbre ethno-botaniste de Harvard, Richard Evans Schultes, les Peuples Indigènes du Mexique prêtent des effets psychoactifs à Sida acuta et Sida rhombifolia – ainsi qu’il l’est mentionné dans l’ouvrage de Lozola (1976) “Estado Actual del Conocimiento en Plantas Medicinales Mexicanas”. [35] Selon l’article de Diaz, “Ethnopharmacology of Sacred Psychoactive Plants Used by the Indians of Mexico” (1977) – publié dans Annual Review of Pharmacology and Toxicology – Sida acuta et Sida rhombifolia sont fumés et leurs effets sont similaires à ceux du Khat (Catha edulis).

Selon l’étude de Kerry Hull “The Smoking of Bones : Ch’orti’ Maya Use of Tobacco and Ritual Tobacco Substitutes” (2015), les Maya Mopan fument les feuilles séchées de Sida acuta – qu’ils dénomment “chi’chi’b’ej”, à savoir croissant “sur le bord des chemins”. [36] Cette information est validée, également, par l’ouvrage de Balick et Arvigo, “Messages from the Gods : A Guide to the Useful Plants of Belize” (2015). Il en est de même pour les Mayas du Yucatan selon l’ouvrage de Marianna Appel Kunow, “Maya Medicine : Traditional Healing in Yucatán” (2012).

L’ouvrage de Christian Ratsch et de Claudia Muller-Ebeling, “The Encyclopedia of Aphrodisiacs: Psychoactive Substances for use in Sexual Practices”, mentionnent cinq espèces de Sida considérées comme aphrodisiaques : Sida acuta, Sida cordifolia, Sida linifolia, Sida rhombifolia et Sida spinosa.

Quant à la pharmacie et à la posologie, voilà, par exemple, ce que propose Stephen Harrod Buhner :

«Les parties utilisées sont les semences, les feuilles, les tiges et les racines. La plupart des gens préfèrent avoir recours aux parties aériennes pour la simplicité de la récolte – ou par fibre écologique. Pour des raisons plus pratiques, la récolte des racines d’une plante mature, dans ce genre botanique, est tout aussi ardue que de transmettre à un politicien la signification du terme “intégrité”. C’est une racine excessivement difficile à extraire du sol. Néanmoins, Sida acuta est considéré comme une plante invasive dans de nombreuses régions et la plupart des gens sont trop heureux que vous les débarrassiez de cette chose maudite.

Les teintures-mères et les infusions constituent les formes médicinales les plus puissantes pour cette espèce. Mais la plante peut également être préparée sous forme de poudre ou de gélules.

Pour la posologie. Sous forme de teinture-mère. De 20 à 40 gouttes 4 fois par jour. Dans le traitement d’infections sévères par des staphylocoques, la posologie usuelle est d’une demi-cuillère à café à une cuillère à soupe, de 3 à 6 fois par jour. Il est préférable de ne pas aller, avec un tel dosage élevé, au-delà de deux mois. Cela est généralement suffisant.

Sous forme d’infusion. De façon préventive, 1 ou 2 cuillères à café des feuilles séchées dans 200 ml d’eau; laisser infuser 15 minutes; consommer 1 à 2 fois par jour. Dans des conditions aigües, jusqu’à 10 tasses par jour. Les recherches ont mis en exergue que l’infusion est presque aussi puissante que la teinture-mère alcoolique. Dans ce cas, il est préférable d’utiliser de l’eau légèrement acide (pH de 1 à 6) car les composants essentiels de la plante sont des alcaloïdes». Stephen Harrod Buhner in “Herbal Antibiotics: Natural Alternatives for Treating Drug-Resistant Bacterias”. Traduction de Xochi.

La teinture-mère – à base de semences, de feuilles, de tiges et/ou de racines – est confectionnée avec du cognac ou de la vodka bios ou bien avec de l’alcool bio à 95° (si tant est qu’il soit disponible dans les pays où sévit la Dictature Pharmacratique et Sanitaire) coupé à 40% avec de l’eau de source. Le ratio de plante sèche/teinture est de 1/5.

Stephen Harrod Buhner précise que, malheureusement, de nombreuses études pharmacologiques récentes confectionnent des teintures-mères de Sida avec de l’alcool à 95° et que cette pratique ne permet pas d’extraire les composés les plus essentiels de ces plantes médicinales – qui ne sont solubles que dans l’eau, et de préférence dans l’eau chaude – tels que la cryptolépine et ses dérivés.

Quant à la comestibilité des plantes de Sida, elles possèdent une haute teneur en protéines : de 16 à 25 % en fonction des espèces et des écotypes. Certaines traditions  culinaires les utilisent, même, comme légumes.

Il est conseillé de cultiver dans son jardin les diverses espèces de Sida – lorsque les semences en sont disponibles – ou de les récolter dans des environnements non pollués car ces espèces médicinales maîtresses ont tout autant la faculté de soigner les corps humains que de soigner le corps de notre Mère la Terre. En effet, ce sont des bio-accumulateurs qui vont détoxifier les sols de tous les contaminants qui ne devraient pas y séjourner. Il s’agit en particulier du cadmium, du plomb, du nickel, du fer, du zinc, du cobalt, du mercure, du molybdenum, du cuivre, du manganèse, de l’arsenic, du chromium, etc. Il est, bien sûr, extrêmement déconseillé de récolter des plantes de Sida dans des environnements à ce point contaminés par l’Industrie Toxique. [42]  [43]  [44]

De par leur caractère d’anti-microbiens systémiques, de par leur nature extrêmement invasive, de par leurs qualités d’adaptogènes et de par leur haute teneur en protéines, les Sidas sont devenus des plantes alimentaires favorites chez les “invasivores” ! De plus, leur teinture-mère possède une saveur délicieuse…

Les invasivores ne consomment alimentairement que des plantes et des animaux “invasifs” à l’exception, bien évidemment, des animaux humains.

La plante constitue un très bon fourrage pour les animaux domestiques à l’exception des chèvres qui semblent très susceptibles à la présence de l’alcaloïde swainsonine dans ce genre botanique. Les chèvres sont alors sujettes à des pathologies telles que l’ataxie, l’hypermétrie, l’hyperesthésie et des tremblements musculaires de la tête et du cou. Basiquement, la consommation de swainsonine induit, chez les chèvres, de l’alpha-mannosidose.