Le Ginseng des Pauvres et autres Codonopsis : des plantes médicinales, aphrodisiaques et magiques

Les Codonopsis font partie de la Famille des Campanulacées. Le genre Codonopsis contient une cinquantaine d’espèces qui sont toutes originaires de l’Asie de l’est – du Kamchatka à Taiwan. Ce sont des espèces vivaces et tubéreuses.

Codonopsis vient des termes Grecs “Kodon”, pour cloche, et “Opsis”, pour semblable.

Les principales espèces utilisées traditionnellement – en cuisine et, surtout, dans les Médecines Chinoise et Tibétaine – sont Codonopsis pilosula et Codonopsis lancelolata. Dans certaines régions de Chine, ces deux principales espèces sont remplacées par Codonopsis tubulosa, Codonopsis clematidea et Codonopsis subglobosa.

Dans le Bulletin Botanique de Kew de 1906, il est mentionné que la province
de Sichuan, en Chine, exporte annuellement 500 tonnes de Codonopsis pilosula sp. tangshen
– pour ses vertus médicinales, toniques et aphrodisiaques.

Les Codonopsis contiennent principalement des flavonoïdes, des alcaloïdes, des triterpénoïdes, des phénylpropanoïdes, des polysaccharides, des polyacétylènes, des acides organiques – toutes substances leur conférant un large spectre d’activités biologiques.

Ce sont fondamentalement des adaptogènes et des toniques, donc des plantes aphrodisiaques
– en particulier Codonopsis pilosula. Une étude récente a comparé les activités anti-oxydantes et anti-microbiennes des six espèces adaptogènes les plus réputées dans les Médecines Indigènes de la Russie, de la Chine et du Tibet : Ginseng panax, Eleutherococcus senticosus, Withania somnifera, Rhodiola rosea, Astragalus membranaceus et Codonopsis pilosula. [7]

Codonopsis ovata (en racines et feuilles) et Codonopsis rotundifolia ont été cités, également,
comme toniques et aphrodisiaques Asiatiques dans l’ouvrage récent de Sood, “Ethnic Aphrodisiac Plants”.

Et qui dit aphrodisiaque dit Tantrique mais, de plus, certaines espèces de Codonopsis sont réputées
être des plantes de pouvoir pour les dites pratiques Tantriques.

Ces espèces de Codonopsis de l’Himalaya, constitueraient-elles une version Tibétaine
du Soma Védique mythique ou du Kykeon des Mystères Grecs ?

Le Diable du Naga de Diamant Noir et la Pilule de Lumière d’Arc-en-Ciel

Un certain nombre d’espèces du genre Codonopsis – dont Codonopsis pilosula, Codonopsis convolvulaceae et Codonopsis ovata – sont dénommées en Tibétain “glu bdud rdo rje” – “Ludu Dorje”, signifiant “la plante suprême”.

Elles sont également nommées, dans la région de la Montagne de Crystal, “klu bdud nag po”
et “rtsva mchog klu bdud rdo rje nag po” – “Le Diable du Naga Noir” et “Le Diable du Naga de Diamant Noir”
– à savoir “Le Diable du Serpent de Diamant Noir”.

Les “Ludu Dorje” sont des divinités tutélaires Nyingmapa et Padmasambhava affirme
que la Quintessence du Terma Mental est caché dans le ventre de Ludu.

Les Tibétologues Dan Martin et Per Sorensen, en 1988, ont déployé une pléthore de sources littéraires pour mettre en exergue comment cette plante, le Ludu Dorje – également dénommée “rtswa-mchog” – constitue dans la Biosphère de Tsari, un interacteur majeur avec la montagne, et les êtres divins qui y demeurent, et comment elle confère des “siddhis” – des pouvoirs non ordinaires – aux tantrikas, yogis et initiés qui l’utilisent dans certaines préparations Tantriques, dont la préparation appelée “Ja’-‘od ri/-bu” – la pilule de Lumière d’Arc-en-Ciel.

C’est une pilule d’alchimie Tantrique et c’est, en fait,
la pilule de Sagesse et de Vision des Dakinis de Ciel de Diamant. 
Quels en sont, donc, les composant en sus des Codonopsis ?

Per Sorensen a consacré, ainsi, dans son ouvrage “Divinity Secularized” une vingtaine de pages, et avec de nombreuses sources littéraires Tibétaines, à la description des pratiques Tantriques liées à cette plante et aux supputations concernant son identification botanique.

L’ethnologue Toni Huber, dans son ouvrage “An Ethnohistory of Representation and Ritual at Pure Crystal Mountain in Tibet” (1993), a repris certaines des explications, excessivement détaillées, de Sorensen et il décrit ainsi cette plante magique :

« De loin, la plus célèbre de ces substances “Tantriques”, utilisées dans la région de Tsari, est la plante connue sous le nom de Ludu Dordje – “Le Diable du Naga de Diamant”. Nombreux sont ceux qui connaissent cette plante, dénommée suprême, car elle est mentionnée dans un chant célèbre, attribué à Tsangyang Gyatso, le Sixième Dalaï-Lama, au sujet de la Montagne de Crystal de Tsari [le “Dag-Pa Shel-ri”] et de ses substances de pouvoir.

«Eaux du Glacier du Dag-Pa Shel-ri
Gouttes de Rosée du Ludu Dorje
Baume d’Elixir Médicinal
La jeune femme servant la bière est Ye shes mkha’ ‘gro ma.
Lorsque qu’on la boit avec le Telos d’un Tantrika
Il n’est nul besoin de réincarnation disharmonieuse.»

[Note de Xochi le traducteur: La jeune femme à la bière est la “Jnana-Dakini”, “la Dakini de Sagesse” – nommée également Khandro Yeshe Tsogyal.]

Une analyse récente du chant du Dalaï-Lama démontre comment Ludu Dorje est en intime relation avec la montagne et les êtres divins qui y demeurent et comment elle fut utilisée par les yogis DrukPa Kagyupa dans certaines préparations Tantriques et plus spécialement dans ce que l’on appelle la pilule de Lumière d’Arc-en-Ciel – “Ja’-‘od ri/-bu” – une pilule relique puissamment chargée de pouvoir, pour laquelle les DrukPa sont célèbres. Tous ces détails sont parfaitement connus de tous les sages Tsariwa.

Je vais maintenant ajouter quelques détails – à propos de cette plante, et d’autres, et à propos de minéraux – émanant de la tradition orale concernant la montagne. Les Tsariwa connaissent tous le Ludu Dordje et ils le chantent. Par exemple, dans cette chanson :

« Verse quelques gouttes de rosée du Ludu Dorje
Dans un pot de thé
Et bois en à satiété
Et tu n’auras nul besoin de réincarnation disharmonieuse.»

C’est une chanson beaucoup plus simple que le chant célèbre précédent mais de même corrélé au même thème. Lorsque l’on compare les deux textes, on est conduit à se demander si c’est une version locale de celui attribué au Sixième Dalaï-Lama ou si le sien était une version littéraire poétique de la chanson locale. Les yogis qui escaladent le chemin du sommet sont attentifs, à certains points de l’itinéraire, particulièrement en descendant du Col de Kyobchen vers Chikchar, à la présence du Ludu Dordje. Il faut un regard exercé pour distinguer cette espèce des autres de similaire apparence qui croissent, également, sur les pentes de la montagne. Les praticiens Tantriques sérieux vont consulter des guides et des manuels rituels et vont être accompagnés par leur lama dans leur expertise botanique afin d’être précis quant à la distinction des espèces. Les espaces où croissent les espèces adéquates sont gardés secrets ou partagés entre praticiens initiés. La consommation de cette plante est non seulement liée à l’acquisition de pouvoirs Tantriques supranormaux et de meilleures renaissances mais aussi liée à la guérison de pathologies graves, telle que la lèpre (qui sont considérées être transmises par des divinités reptiliennes – d’où le nom de la plante) et, également, liée à la manifestation d’effets physiques et hallucinatoires puissants… La plus commune de ces narrations concerne des pèlerins qui, par inadvertance, mâchent la tige de cette plante et qui se retrouvent voler en l’air ou être sujets à d’intenses expériences visionnaires lucides…. Certains pèlerins ramassent, sur la montagne, les excréments des daims, et d’autres animaux sauvages, car ils affirment qu’ils contiennent des pouvoirs accumulés de par le fait que les animaux aient consommé ces plantes. »

Ludo Dordje dans Traité Medical Tibétain
Ludo Dordje dans Traité Medical Tibétain

L’éditeur de l’ouvrage “The Life of Shabkar” mentionne les informations suivantes consacrées, également, aux espèces de Codonopsis :

« Le Diable du Naga Noir dont le nom complet est “la Plante Suprême, le Diable du Naga de Diamant Noir” (rtsva mchog klu bdud rdo rje nag po) est le Codonopsis. Selon les informations fournies, en conversation privée, par le médecin Sherap Jorden, c’est une plante volubile avec des fleurs de couleur bleu-gris au parfum peu plaisant. La préparation concoctée – à partir de ses racines, fleurs, feuilles et graines – est réputée guérir toutes les maladies, et particulièrement la lèpre et l’épilepsie. Elle est aussi réputée pour permettre de voler dans l’air, et de marcher sur l’eau, et pour conférer des siddhis ordinaires et extraordinaires. La plante est utilisée dans la préparation d’une substance rituelle (dam rdzas) appelée “Ja’-‘od ri/-bu” – la pilule de Lumière d’Arc-en-Ciel” dont le simple goût suffit à se libérer de la réincarnation dans les trois sphères inférieures du Samsara. Le Ludu commun (Codonopsis nervosa [10]) est associé à 18 autres remèdes pour concocter un complexe tonique, analgésique, anti-inflammatoire et destiné également à la goutte, à la lèpre et à l’épilepsie.

En ce qui concerne l’identification supposée du “rtsva mchog klu bdud rdo rje nag po” avec Codonopsis convolvulaceae et Codonopsis ovata, et les descriptions détaillées de cette plante dans ses diverses espèces, consulter les ouvrages de Fletcher (1975), Dan Martin (1988) et surtout Per Sorensen (1990). Selon le Terton Rinchen Lingpa (1295-1375), cette plante est appelée le Diable du Naga de Diamant Noir parce qu’elle est précieuse tel un diamant et parce qu’elle soumet les Naga qui provoquent la lèpre et autres pathologies. Selon le médecin Chagpori, Trogawa Rinpoche (1931-2005), il ne faut pas confondre le Diable du Naga ordinaire (Ludu ) avec le le Diable du Naga de Diamant Noir (Ludu Dorje): seuls certains individus, possédant des capacités spirituelles, peuvent percevoir l’authentique au crépuscule, lorsque la plante est dite émettre un halo évanescent. »

Codonopsis tangshen. Curtis Botanical Magazine. 1906
Codonopsis tangshen. Curtis Botanical Magazine. 1906

Une très Grande Diversité Botanique de Ginsengs du Pauvre

Sur le plan pharmacologique, ce sont principalement Codonopsis pilosula, Codonopsis clematidea et Codonopsis lancelolata qui ont été investigués, depuis une quarantaine d’années, quant à leurs composant qui sont plus d’une centaine. Les espèces suivantes ont également été analysées, mais de façon moindre en raison de leur peu de disponibilité : Codonopsis cordifolioidea, Codonopsis nervosa, Codonopsis thalictrifolia, Codonopsis xundianensis et Codonopsis tubulosa.

Codonopsis pilosula

Codonopsis pilosula se caractérise, en fonction de son origine, par trois sous-espèces : Codonopsis pilosula sp. pilosulaCodonopsis pilosula sp. modesta et Codonopsis pilosula sp. tangshen. “Tang Shen” est, d’ailleurs, le même nom, au Tibet, que “Dang Shen”, en Chine et que “Tanjin”, au Japon.

Cette espèce est la plus largement répandue en Chine, quant à son usage millénaire, et elle est dénommée “le Ginseng du Pauvre”.

Codonopsis pilosula fait partie d’un complexe médicinal Tibétain breveté (CN103463228A)
présenté comme “aphrodisiaque” et composé de: Ligustrum lucidum, Astragalus membranaceus, Epimedium, Rheum officinale, Ginkgo biloba, Atractylodes macrocephalae, Polygonum multiflorum, Glycyrrhiza uralensis, Agrimonia pilosa, etc… sans oublier les feuilles de framboisier. 

Dans la Médecine Traditionnelle Chinoise, Codonopsis pilosula a été principalement utilisée pour :

  • Tonifier le Chi – à savoir comme adaptogène – et, en particulier, tonifier le Foyer Moyen du Triple Réchauffeur, à savoir l’harmonisation des fonctions propres au foie, à l’estomac, à la rate, à l’intestin grêle et à la vésicule biliaire. La plante est alors utilisée pour traiter la constipation, la diarrhée, la fatigue chronique [8], la perte d’appétit…

Codonopsis pilosula fait partie d’un complexe médicinal Chinois breveté (CN106668225A)
présenté comme un remède de la Médecine Traditionnelle Hui pour lutter contre le cancer de l’estomac.
Ce complexe est composé de: Astragalus membranaceus, Coptis chinensis, Actinidia arguta, Agrimonia pilosa,
Gossypium herbaceum, Syzygium aromaticum, Prunus mume, etc.

  • Tonifier les poumons. La plante est alors utilisée pour traiter la toux, les problèmes respiratoires, la perte de voix…
  • Tonifier le flux sanguin et l’hématopoïèse, à savoir la création de sang nouveau.
  • Eliminer les pathogènes.

Dans la Médecine Traditionnelle de Corée, elle est utilisée pour traiter le cancer du sein, les maladies uro-génitales, la fatigue chronique, pour calmer, pour harmoniser la menstruation, etc.

Les études pharmacologiques récentes ont mis en exergue ses qualités hépatoprotectrices, immuno-modulatrices, anti-oxydantes, anti-ulcériques, anti-métastatiques, anti-tumorales [4] (en particulier dans des cancers du foie et des poumons), anti-diabétiques et anti-sénescence [5] ainsi que son activité biologique à l’encontre des ulcères gastriques [6], des déficiences des systèmes sanguin et immunitaire et des désordres du système nerveux.

codonopsis-pilosula
Codonopsis pilosula

Autres Codonopsis Médicinaux

Codonopsis lanceolata. Les études pharmacologiques récentes ont mis en exergue ses qualités anti-oxydantes, hépato-protectrices, anti-inflammatoires, anti-tumorales, et fortifiantes du sang.

Codonopsis cordifolioidea possède des qualités anti-bactériennes – dans son huile essentielle de racines fraiches – à l’encontre de Staphylococcus aureus et de Salmonella typhimurium et possède des qualités anti-bactériennes – dans son huile essentielle de racines sèches – à l’encontre de Staphylococcus aureus, Salmonella typhimurium et Shigella flexneri.

Codonopsis clematidea possède des qualités anti-oxydantes, anti-fatigue, anti-tumorales. Elle est, également, utilisée pour les rhumatismes, les indigestions, l’arthrite, la goutte, et, en cataplasmes, pour les ulcères et les blessures.

Au Pakistan, chez les Balti du Karakorum, cette espèce est dévorée
par les moutons dans les montagnes. Elle est donc appelée “loo-sunma”,
signifiant “la plante des moutons”.

Codonopsis thalictrifolia. “Soupka Metok” en Tibétain. Ses fleurs sont sucées par les enfants au Tibet et au Népal. Les jeunes pousses et les feuilles sont consommées en soupe

Cette espèce de Codonopsis fait partie d’un complexe médicinal Tibétain
breveté (CN103316166A) présenté pour traiter les hémorroïdes et plus généralement les pathologies afférentes
au système d’excrétion : hémorragies, etc.

Le complexe est ainsi composé de: Codonopsis thalictrifolia, Tribulus terrestris, Capsicum frutescens,
Artemisia japonica, Ajuga lupulina, Semecarpus anacardium, Thermopsis barbata, Butea monosperma , Iris domestica,
Rumex acetosa, Embelia laeta, et Ferula asafetida.

Codonopsis convolvulacea. “Bala” et “Nyiwa” en Tibétain. Les racines sont consommées crues à l’automne. Elle sont utilisées, également, pour améliorer l’appétit et l’odorat, pour soigner les fièvres et fortifier le coeur.

Codonopsis vinciflora et Codonopsis nervosa sont utilisées en Médecine Tibétaine.

Codonopsis ovata – “Llu mdud ” et “Phag phag” en Tibétain – et Codonopsis rotundifolia sont utiliséee en cataplasmes, pour les ulcères et les blessures. Les racines de ces deux espèces sont consommées fraîches dans les montagnes.

Codonopsis bhutanica est utilisée, en Médecine Tibétaine, pour les pathologies rénales, la lèpre et la goutte. [9]

Codonopsis bulleyana. “Soupka Metok” en Tibétain. Les jeunes pousses et les feuilles sont consommées en soupe.

Codonopsis javanica. Cette espèce a été utilisée dans la Médecine Traditionnelle Chinoise [1] pour ses qualités anti-oxydantes et pour lutter contre le diabète, l’hyperlipidémie et l’obésité. Une étude récente a mis en valeur que l’Huile Essentielle d’un écotype de Codonopsis javanica contenait principalement, dans ses feuilles, deux terpènes: β-pinène (20,8%) et α-pinène (15,4%).

Codonopsis foetens,Codonopsis inflata et Codonopsis viridis sont également mentionnées par la littérature médicale.

Posologies

La Médecine Traditionnelle Chinoise prescrit de 6 à 10 grammes – avec un maximum de 30 grammes – de racines sèches de Codonopsis pilosula en décoction quotidiennement. Lorsque la racine fraiche est cuite au miel au four, elle est plus efficace comme adaptogène et lorsqu’elle est est séchée au four, elle est plus efficace pour stopper la diarrhée et fortifier la rate.

Le dosage est de 5 à 10 ml de Teinture Mère quotidiennement. La Teinture Mère est préparée en mélangeant la biomasse avec de l’alcool bio – le ratio variant d’1/3  à 1/5 en fonction de la nature de la biomasse (feuilles ou racines ou  graines), en fonction de leur état de séchage ou de fraicheur et en fonction du degré de l’alcool utilisé.

Complexe Tonique et Aphrodisiaque “Maithuna”

Voici la liste des espèces botaniques que nous incluons – dont Codonopsis pilosula – dans le Complexe de Teintures Mères alcooliques (strictement bios) “Maithuna”, de notre pharmacie familiale GaïAlkemia :

Codonopsis pilosula

Withania somnifera

Panax ginseng

Eleutherococcus senticosus

Tribulus terrestris

Centella asiatica

Turnera diffusa 

Ginkgo biloba

Ocimum sps. Tulsi

Erythroxylum catuaba

Rhodiola rosea

Pueraria sp. / Kudzu

Sida cordifolia

Terminalia arjuna

Astragalus membranaceus

Asparagus racemosus

Nigella sativa

Oplopanax horridus

Urtica dioica