Catégorie : Conseils de jardinage

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Semis des Haricots

Légume aux qualités tant diététiques que gustatives, le haricot nourrit le sol du potager en même temps que le jardinier ! C’est encore le moment pour vos semis !
Voici quelques conseils pour vous lancer et mieux comprendre le genre Phaseolus au sein de la famille des Fabacées !

Description

Les haricots sont des plantes annuelles de la famille des Fabaceae et du genre Phaseolus. Ce genre comprend environ 55 espèces dont seulement 5 ont été domestiquées :

  • Les Phaseolus vulgaris
  • Les Phaseolus coccineus (Haricot d’Espagne)
  • Les Phaseolus lanatus
  • Les Phaseolus acutifolius
  • Les Phaseolus polianthus

Parmi elles, ce sont les Phaseolus vulgaris et coccineus les plus communément consommées. Au sein de ces deux espèces, on retrouve des caractéristiques similaires qui peuvent être liées au port de la plante ou à la manière dont ses fruits sont consommables. On distingue :

  • Les haricots nains :  à port érigé, plus ramifiés, ne dépassant pas plus de 50 cm.
  • Les haricots à rames : au port volubile, grimpants, ils atteignent parfois plus de 3 m de longueur et devront être tuteurés.
  • Les haricots mangetout : la gousse et la graine se mangent (tel que les haricots de type « haricot vert »).
  • Les haricots à écosser : seules les graines se mangent (tel que les haricots de type « haricot coco »).

« Reine des pourpres » phaseolus vulgaris

Le haricot est considéré comme une plante à autogamie préférentielle, c’est-à-dire qu’une seule plante suffit pour former une graine, mais qu’il peut également y avoir une pollinisation entre variétés de la même espèce (attention, les croisements entre espèces sont possibles, pour le genre Phaseolus, notamment entre coccineus et vulgaris). Dans ces conditions, si vous souhaitez garantir la pureté variétale des semences que vous produirez, nous préconisons un certain isolement entre les variétés :

  • 5 à 10 m entre deux variétés de haricots nains
  • 50 m minimum entre deux variétés de haricots à rames
  • 10 m minimum entre les haricots à rames et les haricots nains
  • 300 m entre les haricots à rame vulgaris et coccineus

 

Il est encore temps de semer vos haricots !

Le haricot est une plante annuelle qui aime la chaleur, il a un cycle de vie court, d’environ 3 mois. La période de semis débutera mi-mai et se prolongera jusqu’à mi-juillet, ceci offre la possibilité d’une récolte échelonnée. Pour la consommation, elle peut s’effectuer de mi-juillet à mi-septembre alors que pour la production de semences, on laissera les fruits sur la plante jusqu’à ce qu’elle soit sèche.

Il est essentiel de réserver des plantes qui soient exclusivement consacrées à la production de semences. En effet, il n’est pas du tout conseillé de consommer les haricots pendant une ou deux semaines et de ne garder que les semences produites en fin de croissance de la plante.


Nous vous présentons deux variétés de Phaseolus vulgaris !
Découvrez-les et accueillez-les dans vos potagers !

Haricot à écosser à rames « Borlotto »


Haricot à écosser à rames « Borlotto »

Cette variété ancienne originaire d’Italie produit de belles cosses de couleur jaune chamois tachetée de rouge offrant une texture tendre ainsi qu’une bonne saveur et contenant des grains de la même couleur.


taille fruit : 10 – 15 cm
forme : allongée
texture chair : tendre
taille plant : 200 – 300 cm
adaptabilité : humidité + chaleur
conservabilité : bonne

Haricot mangetout nain « La Victoire »

Haricot mangetout nain « La Victoire »

Cette variété ancienne, un peu plus tardive que “Contender” et adaptée à la culture d’arrière-saison, produit une abondance de gousses vertes offrant une texture tendre ainsi qu’une très bonne saveur.

taille fruit : 14 – 15 cm
forme allongée
texture chair : tendre
taille plant : environ 40 cm
adaptabilité : humidité / chaleur
conservabilité : bonne 


Comment semer les haricots ?

variété de Phaseolus coccineus en fleur

Le semis se fait généralement en pleine terre, mais peut éventuellement se faire en godet si vous êtes dans une région froide et humide. La veille de la mise en terre mettez les semences à tremper dans de l’eau tiède, la levée sera plus rapide.

  • Sol : réchauffé (15 à 20°C), humide et aéré
  • Exposition : ensoleillée
  • Profondeur du semis : 2 à 3 cm
  • Durée avant levée : environ 1 semaine

Semez 2 à 3 graines en poquets distants de 40 cm pour les variétés naines et 4 à 5 graines en poquets distants de 50 cm à 70 cm pour les variétés à rames.
Nous vous conseillons également de les buter après la levée.


Pour info : Sur certains de nos sachets de semences, vous retrouvez l’indication « semer en poquet ».
Cette technique de semis — qui peut s’effectuer à la fois en pleine terre et en godet— 
consiste à faire un petit trou (d’un diamètre maximum de 10 cm et de 1 cm à 3 cm de profondeur selon l’espèce) dans la terre et d’y déposer les semences.

Le semis en poquet est principalement conseillé pour les grosses graines. Les jeunes plants se maintiennent entre eux (très utile en cas de grand vent).


Ses plantes compagnes : carotte, chou-fleur, betterave, chou et concombre.
Les tagètes (ou oeillets d’Inde) ainsi que la sarriette protègent les haricots contre certains insectes.

À éviter : les plantes alimentaires des alliacées, comme les poireaux et les oignons.


Pour info : La particularité des plantes de la famille des Fabacées, aussi appelées légumineuses, est la symbiose qui peut se créer entre leurs racines et les bactéries du genre Rhizobium. Au contact de ces bactéries, la plante forme des nodosités (petits renflements) sur les racines, visibles à l’œil nu, qui vont offrir une niche écologique aux bactéries. La symbiose se traduit par le fait que la légumineuse fournit du carbone aux bactéries, qui en retour synthétisent l’azote atmosphérique et le transfèrent à la plante sous une forme assimilable, l’ammoniac. La bactérie rhizobia ne peut transformer l’azote qu’au sein des nodosités qui lui offrent un environnement pauvre en oxygène.

Ce sont bien les résidus des légumineuses qui sont plus riches en azote et qui contribuent à enrichir le sol en cet élément. Les cultures succédant aux légumineuses peuvent bénéficier indirectement de l’azote fixé par l’entremise des résidus laissés par la légumineuse.
Semer du haricot, du trèfle ou du mélilot dans vos jardins peut ainsi remplacer l’apport d’engrais et nourrit durablement les cultures gourmandes en azote. 


Variété de Phaseolus coccineus en graine

Il ne vous reste plus qu’à filer au potager !


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Semis des choux

Chou rouge « Marner Lagerrot »

Trop souvent mal aimé, le chou a pourtant tant de bienfaits ! C’est encore le moment pour vos semis de choux d’hiver.
Voici quelques conseils pour vous lancer et mieux comprendre la famille des Brassicacés !

Description

Arborescence des Brassicacea; source : Longo Maï

La famille des Brassicacés se divise en plusieurs espèces dont les plus communes sont :

– Brassica rapa avec par exemple les sous espèces variétales :

  • chinensis : le chou chinois  Pak Choy
  • var. pekinensis : le chou chinois Pe Tsai

– Brassica napus avec par exemple la sous espèce variétale :

  • vat. pabularis: le chou frisé sibérien

– Brassica oleracea qui se divise par exemple en 7 sous espèces variétales :

  • acéphala : le chou frisé (ou Kale)
  • capitala : le chou cabus, le chou rouge et le chou de milan
  • botrytis : le chou fleur
  • italica : le chou brocoli
  • gemmifera : le chou de Bruxelles
  • gougylodes : le chou-rave
  • alboglabra : le brocoli chinois, le Gai-lohn

Les brassicacés sont autostériles, c’est à dire que le pollen d’une plante ne peut féconder qu’une autre plante. On doit donc les cultiver en groupe. Afin de conserver une pureté variétale, il est conseillé d’isoler d’1 km deux variétés, quel que soit le type, car chaque variété peut s’hybrider.
Les brassicacés sont des plantes bisannuelles. La première année, la plante se développe un appareil végétatif — racines, tiges et feuilles — qui entre en dormance pendant les mois de froid. Au printemps ou à l’été suivant, la tige se développe fortement, forme des fleurs, des fruits, puis des graines pour finalement mourir.


Pour info : La composition du chou en fait un élément remarquable pour notre santé. Très peu calorique, il est caractérisé par sa grande richesse en vitamine C et autres éléments intéressants.

En usage externe, sous forme de cataplasme, le chou est un grand détoxifiant, notamment pour le nettoyage et la décongestion de plaies, contusions, infections ou autres engorgement. Sa capacité de régénération cutanée s’illustre dans le soin des brûlures, eczémas, gerçures ou engellures. Ses propriétés anti-inflamatoire s’exercent aussi sur les douleurs (rhumatismales, faciales, dentaires, sciatiques, …).

Cru ou cuit, très riche en vitamine C, très peu calorique et pauvre en glucides, il est l’allié de la minceur et de l’alimentation du diabétique. Il revitalise et rééquilibre l’organisme sur le plan général. Il possède des propriétés antioxydantes remarquables dont on connait l’action préventive sur le cancer, les maladies cardiovasculaires ou liées au vieillissement prématuré. 


Pourquoi semer les choux maintenant ?

Le cycle pour la production de semences des brassicacés dure une année complète. Vous pouvez semer à partir de mai pour que la pomme ne grossisse pas trop (on évite alors un fruit éclaté à la fin de l’hiver).

Durant la période estivale, la plante est en pleine croissance et on peut récolter de chou au début de l’hiver.
Lorsque l’hiver arrive, on entre donc dans la phase dite d’hivernation, qui consiste à conserver la tige, les racines, voir même la pomme, si vous ne l’avez pas consommée. En effet, certains jardiniers consomment la partie centrale du chou pour ne laisser que des rejets monter à semences. Il est cependant considéré de manière générale, que les semences produites par une plante de chou que l’on a laissé se développer naturellement vers le processus de floraison et de fructification sont de meilleure qualité que lorsque l’on a coupé la pomme.
Le repiquage des choux après l’hivernation s’effectue en mars pour laisser la floraison apparaître en mai.
Les semis sont définis en fonction des conditions climatiques, des méthodes d’hivernation et de la précocité des variétés : au printemps, nous semons les choux d’hiver et à la fin de l’été les choux de printemps. Il est donc encore temps de semer les choux pour cet hiver !


Connaissez vous le chou de Chine et le chou Brocoli Raab ?
Découvrez-les et accueillez les dans vos potagers !

Chou de Chine « Pak Choy à Tiges Blanches »

Chou de Chine « Pak Choy à Tiges Blanches »

Le Pak Choy est une variété de chou chinois qui fut introduite en Europe vers la fin du XIXe siècle. Ressemblant un peu aux cottes de bettes, ses feuilles sont consommées crues en salade ou cuites, de la même façon que les épinards. Cette variété produit une rosette très ouverte et non pommée, aux tiges blanches charnues et aux feuilles vertes brillantes offrant une très bonne saveur.

poids : 1,2 – 2,5 kg
taille : 30 – 40 cm
forme : non pommée
texture : charnue
adaptabilité: froid

conservabilité : Bonne

Chou Brocoli Raab « De Printemps »

Chou Brocoli Raab
« De Printemps »

Cette très ancienne variété est orginaire d’Italie. Elle possède les qualités de la moutarde et du brocoli. Les feuilles, les tiges et les boutons floraux se consomment crus ou légèrement cuits et offrent une saveur douce et amère à la fois.

 

taille fruit : 40 – 60 cm
taille du plant : 8 – 10 cm
forme : allongée
texture chair : ferme
adaptabilité : froid + humidité
conservabilité : Excellente


Semis de Chou de Chine « Pak Choy nain de Shanghai »

Comment effectuer son semis ?

  • Sol réchauffé (8 à 18°C)
  • profondeur du semis : 1 cm
  • durée avant levée : environ 1 semaine

Semez en pépinière, dans une terre très fine et toujours humide. Il est recommandé de porter une attention particulière à l’ensoleillement pendant la période de semis, car ceux-ci sont délicats.
Repiquez les jeunes choux lorsqu’ils ont 6 feuilles.
Malgré leur apparente robustesse, les plants de choux sont très fragiles. Il ne faut ni les invalider en cassant les feuilles, ni les éborgner en détruisant le bourgeon terminal, situé à l’extrémité de la tige.
Si vous souhaitez produire votre semence de choux, nous vous conseillons de prévoir 6 plants qui y sont dédiées. Celle-ci étant délicate, en général, seulement 1/3 des plants (dans ce cas-là, 2 sur 6), aboutissent.

Ses plantes compagnes : betterave, céleri, concombre, cornichon, pois et tomate (sauf pour le chou rouge).
La capucine, le souci et l’oeillet d’Inde permettent de les protéger des parasites.

À éviter : l’oignon

Il ne vous reste plus qu’à filer au potager !


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La pollinisation manuelle des cucurbitacées pour la production de semences

Si vous souhaitez vous lancer dans la production de semences, voici quelques conseils concernant celle des cucurbitacées, afin de vous garantir une pureté variétale, grâce à la pollinisation manuelle.

 

Description

Les cinq espèces les plus communément cultivées dans nos jardins sont les suivantes :

Arborescence des Cucurbitaceae; source : Longo Maï

  • Cucurbita Pepo
  • Cucurbita maxima
  • Cucurbita moschata
  • Cucurbita argyrosperma ou Cucurbita mixta
  • Cucurbita ficifolia

La courge est une plante monoïque, à savoir portant sur le même plant des fleurs mâles et femelles à des endroits différents.
La courge peut être autofécondée : une fleur femelle peut être fertilisée par du pollen provenant d’une fleur mâle de la même plante. Cependant, les fécondations croisées sont prédominantes : la fleur femelle est fertilisée par du pollen provenant de différentes plantes de la même variété ou d’une autre variété.
Ce sont les abeilles qui sont le principal vecteur de ces pollinisations croisées. En fonction des régions et des environnements, la distance d’isolement conseillée entre deux variétés de courges varie de 500 mètres à 1 kilomètre et même parfois plus, afin d’éviter l’hybridation inter-variétale.


Pour info : Lorsque la fleur femelle est fécondée, le fruit se développe, lorsque la fleur n’est pas fécondée à temps, le fruit s’étiole. On dit que la fleur coule ou que le fruit avorte.


Fleur mâle non épanouie

Fleur femelle non épanouie

Les fleurs mâles sont facilement reconnaissables car elles apparaissent au-dessus du feuillage au bout de longues tiges. Les fleurs femelles sont tout aussi facilement reconnaissables car à leur base se trouve le futur fruit, en fait l’ovaire, possédant déjà une forme bien définie.

Sur un plant de courge, les fleurs mâles apparaissent bien avant les fleurs femelles et elles sont bien plus nombreuses que ces dernières. On peut remarquer également que durant des périodes de très haute température, les fleurs mâles sont prédominantes. Ces dernières possèdent du pollen et du nectar, tandis que les fleurs femelles possèdent seulement du nectar. Elles ont une durée de vie très courte : elles s’épanouissent avant l’aube et se ferment définitivement en fin de matinée.

 L’importance de la pollinisation manuelle

Il est essentiel de prendre conscience que les pollinisations croisées ne peuvent se manifester qu’au sein de la même espèce. Il n’y a pas de fécondation croisée et donc d’hybridation naturelle possible entre les différentes espèces de Cucurbita si ce n’est une probabilité très réduite impliquant Cucurbita argyrosperma avec moschata et pepo sauvage. Pour résumer, les hybridations sont avant tout des hybridations inter‐variétales, au sein de chaque espèce et il n’y pas d’hybridation entre Cucurbita pepo, Cucurbita maxima, Cucurbita moschata et Cucurbita ficifolia.

Vous pouvez donc produire en pollinisation libre ses semences de courges dans votre potager à condition de ne cultiver qu’une variété par espèce, si ce dernier est isolé de façon satisfaisante du plus proche jardin produisant d’autre courges (perimètre d’1 km, ou 500 mètres si vous avez des barrières naturelles de type haies ou arbres).

Par contre, vous ne pouvez produire, du moins en pollinisation libre, des semences de courgettes vertes lorsqu’il y a dans le même jardin une autre variété de Cucurbita pepo, par exemple une variété de courgette jaune. En effet, les abeilles vont hybrider ces deux variétés de Cucurbita pepo et l’hybridation ne sera manifeste que la seconde année, lorsque les semences issues de ces deux variétés de courgettes seront mises en culture.


Pour info : Il est important de comprendre que l’hybridation prend place dans le « vrai fruit » qu’est la semence. Ce que nous mangeons, c’est la chair du « faux-fruit » qui est en fait un élargissement de l’ovaire. Les ovules ont été fécondés par du pollen transmis de la fleur mâle à la fleur femelle. Chaque ovule fécondé est devenu une semence. Lorsque l’ovule d’une variété est fécondé par du pollen émanant d’une autre variété (de la même espèce), il génère une semence dont les potentialités sont très différentes.


Comment s’effectue la pollinisation manuelle ?

Nous allons maintenant évoquer une technique de “pollinisation contrôlée” vous permettant de produire des semences de plusieurs variétés de la même espèce dans le même jardin sans tenir compte des distances d’isolement : la pollinisation manuelle.
Elle consiste à ligaturer le soir les fleurs mâles et femelles qui vont s’épanouir le lendemain matin. Parfois, les fleurs de certaines variétés ont l’extrémité de leurs pétales très légèrement ourlés, la veille de leur épanouissement. La ligature s’effectue à l’extrémité de la fleur. Nous utilisons tout simplement une pince à linge. Il est conseillé de ligaturer au moins trois fleurs mâles de différents plants pour chaque fleur femelle à polliniser, afin d’assurer la diversité génétique.
Dans les jardins accueillant un très grand nombre de plants de courges, il est pratique de signaliser les fleurs femelles ligaturées par un piquet coloré, par un morceau de ruban adhésif coloré collé sur la feuille située au-dessus, ou par tout autre moyen permettant de les retrouver facilement le lendemain. Il est également préférable de parcourir le jardin le lendemain selon le même parcours utilisé la veille et selon les mêmes directions, par exemple d’est en ouest. Les fleurs femelles ligaturées sont en effet plus faciles à repérer lorsque la direction du parcours de travail est la même, en raison de l’orientation naturelle des feuilles.

Étamines des fleurs mâles

Pollinisation manuelle

Le matin, les fleurs mâles sont cueillies, libérées de leur ligature et leurs pétales sont ôtés. La pince de la fleur femelle est ensuite délicatement enlevée. Si l’une ou l’autre fleur, une fois libérée de la ligature, ne s’épanouit pas totalement et naturellement, c’est qu’elle n’est pas « mature » : on ne peut donc pas l’utiliser pour le processus de pollinisation manuelle.
La pollinisation est effectuée en badigeonnant le pollen des fleurs mâles sur chaque partie du stigmate de la fleur femelle. Il faut être très vigilant car il arrive parfois qu’une abeille atterrisse en plein milieu du processus de fécondation. Ce dernier doit alors être abandonné en raison de l’intrusion d’un pollen étranger.
Lorsque la pollinisation s’effectue correctement, il faut refermer soigneusement la fleur femelle en l’entourant délicatement de ruban adhésif, de manière à ne plus laisser la possibilité aux insectes pollinisateurs — parfois très petits — d’entrer et de déposer le pollen d’une autre variété. Il ne faut pas oublier de fixer, de suite, du lien horticole autour du pédoncule de la fleur pollinisée afin de pouvoir reconnaître aisément en fin de saison les fruits qui auront été pollinisés manuellement. Le lien doit être assez lâche pour permettre au pédoncule de grossir sans problème.

 

Fleur femelle ligaturée

Il est conseillé d’effectuer cette pollinisation manuelle le plus tôt possible. En effet, les pollinisations manuelles effectuées en fin de matinée par saison très chaude ont très peu de chances d’aboutir dans la mesure où le pollen aura chauffé et fermenté et ne sera plus viable. Il ne faut pas oublier que, laissées à elles-mêmes, les fleurs se referment naturellement en milieu de matinée. Les pollinisations manuelles seront plus couronnées de succès lorsqu’elles sont effectuées au tout début de la phase de la fructification. Lorsqu’un fruit s’est déjà formé naturellement (à savoir par pollinisation d’insecte) sur une plante destinée à être pollinisée manuellement, il est fortement conseillé de cueillir ce fruit afin que le fruit pollinisé manuellement puisse bénéficier de toute la vigueur de la plante.

Pour une production de semences bénéficiant d’une bonne diversité génétique, il est recommandé de cultiver au minimum 6 plantes de chaque variété.


Pour info : Il existe certaines spécificités concernant les cucurbitacées, notamment pour les melons, les pastèques ou encore les concombres. Leurs fleurs, et donc leurs pistils étant plus petits, la pollinisation manuelle n’est pas aussi efficace. On constate en moyenne 10 à 15% de réussite pour les melons, 50 à 75% pour les pastèques et tout de même 85% pour les concombres.


Le cycle de fruit des cucurbitacées, pour arriver jusqu’à la graine est le même que pour une simple consommation du fruit, à l’exception des pâtissons et des courgettes pour lesquels il est essentiel de laisser grossir le fruit jusqu’à la fin du cycle de la plante. Pour plus de fertilité, il est conseillé de conserver les fruits dans un endroit sec et sombre au moins un mois après la récolte des fruits.

Il ne vous reste plus qu’à vous lancer dans la belle aventure de l’autonomie semencière !


C'est grâce à notre propre réseau de producteurs et avec la participation active des adhérents, parrains et marraines, que nous maintenons une collection planétaire unique de plus de 2200 variétés, à savoir plus de 650 variétés de tomates, près de 200 variétés de piments, 150 variétés de courges...