Sommaire
Les Pastèques dans la Nutrition et les Médecines Traditionnelles de l’Afrique
Les Pastèques dans la Médecine Traditionnelle Chinoise
Les Pastèques dans les autres Médecines Traditionnelles
Les Propriétés Médicinales de la Pastèque selon les Investigations Pharmacologiques
La Pastèque est un Aphrodisiaque Réputé!
La Pastèque constitue la Source la plus Riche de Citrulline
Certaines Pastèques Contiennent plus de Caroténoïdes que les Tomates
Autres Composants Nutritionnels et Médicinaux de la Pastèque
Qualités Médicinales d’Autres Espèces de Pastèques
La Pastèque, Citrullus lanatus, est l’une des 7 espèces (acceptées par le Jardin Botanique de Kew) du genre Citrullus dans la Famille des Cucurbitacées.
Le terme “Pastèque” est issu de l’Arabe “baṭṭīḵ” signifiant, à la fois, Pastèque ou Melon en fonction des régions.
Les plus antiques vestiges iconographiques, de Pastèques “domestiquées”, datent, en Egypte, de 2500 ans avant EC. Quant aux vestiges archéobotaniques de Pastèques, les plus anciens datent, environ de 4000 ans avant EC, en Libye, et appartiennent, vraisemblablement, à l’espèce Citrullus mucospermus. [11]
Aujourd’hui, la Pastèque, Citrullus lanatus, est l’une des cultures les plus répandues puisqu’elle occupe 7% des surfaces maraichères de par le monde. C’est en fait l’espèce la plus cultivée, au monde, dans la Famille des Cucurbitacées.
Les Pastèques produisent des fruits entre 1 kg et 30 kg – en fonction des variétés, des conditions de culture et des régions de culture. Leur pulpe peut être de couleur blanche, jaune, orange, rose ou rouge.
En France, la Pastèque est très peu cultivée puisque l’approvisionnement est assuré, à près de 90% par des importations, principalement d’Espagne et du Maroc, mais elle est, très peu consommée, en réalité – par rapport à d’autres pays.
En effet, la production de Pastèques, en France, concerne environ 450 hectares – très peu en comparaison avec la Chine, par exemple, qui en produit, plus de 60 millions de tonnes annuellement, sur une surface d’1,5 million d’hectares!
D’ailleurs, les Chinois sont réputés consommer de la Pastèque, annuellement, à hauteur de plus de 50 kgs par personne. Quant aux Français, il s’agit d’un modeste 1,5 kg par personne, annuellement.
Les Consommateurs ont Succombé au Syndrome de la Mini-Pastèque sans Graines… même dans l’Agriculture Biologique Industrielle
Rappelons, tout d’abord, que la Pastèque, de l’espèce Citrullus lanatus, possède une forte inclination (un euphémisme!) à produire de gros, ou très gros, fruits: allant, très aisément, jusqu’à 30 kgs…
A ce sujet, le record du monde a été établi par Chris Kent de Sevierville, dans le Tennessee, aux USA, en 2013: cette année-là, dans son jardin, son plus beau fruit de Pastèque faisait 159 kilos! Aux USA, ce sont des jardiniers-amateurs, tel que Chris Kent, qui ont oeuvré à la sélection de dizaines d’obtentions à fruits géants: 287 Kent 22, 302 Kent 2015, etc, etc… [105] [106] A noter que ces semences, d’obtentions géantes, sont plus chères que chez l’Association Kokopelli! A savoir, 50 dollars pour un sachet de 8 semences! [107]
Aujourd’hui, a contrario de ces compétitions de Pastèques géantes, les consommateurs Français sont en train de sombrer dans le syndrome de la Pastèque “mini” (de 1 à 3 kgs) dite “sans pépins” – à savoir sans semences, sans graines – et de préférence à l’épiderme presque noir. Il s’agit de variétés, produisant des fruits parthénocarpiques, qui ont été obtenues à la suite de la découverte par Kihara (en 1951) selon laquelle les Pastèques tétraploïdes sont, pour la plupart, dépourvues de semences.
En 2012, déjà, 92% du marché US des Pastèques l’était avec des variétés F1 produisant des fruits parthénocarpiques – donc, sans semences.
En France, l’Agriculture dite Biologique – de type industriel – a, également, cédé au syndrome de la mini-pastèque “sans pépins” ou à “micro-pépins”. D’ailleurs, le GRAB précise bien, à ce sujet, que: «Les variétés conseillées sont uniquement disponibles en semences conventionnelles non traitées, donc utilisables sur demandes de dérogation (les variétés disponibles en graines biologiques sont uniquement des variétés populations à gros calibre (plus de 5 kg)». [97]
Est-il bien clair que la majorité de la production, et de la consommation, de Pastèques “bios” – cultivées en France ou importées d’Espagne et du Maroc – est issue de variétés hybrides F1, obtenues par mutagenèse, dont les semences, non-bios, requièrent une “dérogation” des Autorités en charge des cahiers de décharge de l’Agriculture Biologique?
En effet, les variétés tétraploïdes sont obtenues, par exemple, par l’application de colchicine ou d’oryzaline – qui, au jour d’aujourd’hui, sont des produits chimiques non certifiés en bio!
Le GRAB propose, même, une variété avec de vraies semences et une chair jaune, “Letosun” – de type “Sugar Baby” – mais il s’agit, bien évidemment, d’un hybride F1 non reproductible! Le GRAB conseille, même, d’avoir recours à des variétés greffées! Tout va mieux?
Le GRAB est, prétendument, un “Groupement de Recherches en Agriculture Biologique”. En fait de “recherches”, il s’agit d’une courroie de transmission de la mafia semencière de l’agriculture industrielle toxique et biocidaire – sans même évoquer sa responsabilité dans l’érosion intégrale des ressources génétiques traditionnelles de la planète.
Les Pastèques sans Graines: une abomination génétique, un non-sens agronomique, nutritionnel et thérapeutique, et un facteur d’érosion de la diversité cultivée
En France, selon le GRAB: «Il est conseillé de choisir des variétés à micro-pépins car elles ne nécessitent pas de pollinisateur; en effet, les variétés sans pépins doivent être associées à des plantes pollinisatrices (20 à 25%) à floraison synchrone, d’une variété commerciale à micro-pépins (1 rang/4 ou 5 rangs) ou d’une variété pollinisatrice spécifique, comme SP7/Syngenta (ex. : 1 plante toutes les 4 plantes), mais dont les fruits ne sont pas comestibles».
Question. Les consommateurs sont-ils conscients que la production de leurs Pastèques préférées (ou imposées par l’agro-industrie) dites, “sans pépins”, nécessite de cultiver 20% de plantes dont les fruits ne sont pas consommés?
En France, c’est la multinationale, biocidaire et toxique, Syngenta, qui est le leader des Pastèques “sans pépins” – introduites vers 2012. En effet, les principales variétés traditionnelles ont été remplacées (par des techniques artificielles de mutagenèse promues comme étant “non transgéniques”) par des variétés modernes exemptes de semences – et avec de très petits fruits.
Un autre leader des Pastèques triploïdes (sans pépins) est Nunhems/BASF (une multinationale génocidaire) qui propose 200 variétés – à savoir des clones sans aucune diversité génétique. L’une de ses variétés “pollinisatrices spécifiques” se nomme “NUN 11203 WMW F1”. Quid de la poésie?
Question. Les consommateurs sont-ils conscients que la production quasi-exclusive, de Pastèques “sans pépins”, requiert une technologie très avancée afin de proposer, aux maraichers, des semences (très souvent fragiles) capables de produire des fruits qui eux-mêmes seront exempts de semences?
Il s’agit de production de triploïdes, de mutagenèse induite par substances chimiques (colchicine, oryzaline) de clonage de gènes, de translocation de chromosomes, Les graines triploïdes présentent de faibles rendements, de faibles taux de germination et de faibles taux de survie, ce qui entraîne des coûts de production de graines plus élevés. [121]
Production de Pastèques Triploïdes. Source de l’illustration: Revue Nature. [122]
Question. Les consommateurs sont-ils conscients que la production quasi-exclusive, de Pastèques “sans pépins”, constitue un facteur considérable, et aggravant, de la perte de la biodiversité cultivée?
Et cette biodiversité cultivée, des Pastèques, était considérable dans le passé. Ainsi, l’explorateur US, Niels Ebbesen Hansen, (1866-1950), ramena de Russie, en 1898, les semences de 287 variétés, et écotypes, de Pastèques, originaires de la région de Moscou, de la Transcaucasie, de la région de la Volga, du Turkestan Russe, etc. Il ramena, même, trois variétés Sibériennes extrêmement précoces.
Pourquoi? Parce que les variétés de la multinationale criminelle, Syngenta, “Sirius” et “Fascination” sont issues de “Crimson Sweet”; “Master” est issue de “Charleston Grey”; “Dorin” est issue de “Sugar Baby”; “Bibo” est issue de “Jubilee”.
Il en est de même des autres semenciers Européens (Rijk Zwaan, Volz, Prosem, BASF, etc) qui proposent des variétés “sans pépins” et, également, “à micro pépins”: “Conguita” et “Vanessa” sont issues de “Sugar Baby”; “Hiromi”, “Pépita”, “Ménina” et “Pilar” sont issues de “Jubilee”; “Orininja”, “Gatinho”, “Balos” et “Nikas” sont issues de “Crimson Sweet”.
Le GRAB, en France, oriente, d’ailleurs, ses maraichers bios vers l’organisation SudExpe qui présente une petite vingtaine de “variétés” hybrides F1 “sans pépins” ou avec “micro-pépins” – toutes issues des multinationales biocidaires. SudExpe propose “trois grands types de Pastèques se différenciant par leurs formes, leurs couleurs et leurs calibres: “Sugar Baby”, “Jubilee” et “Crimson Sweet”. [111]
D’ailleurs, SudExpe révèle l’une des “nuisances” générées, ou prétendues telles, par les Pastèques contenant des graines: les pépins de Pastèque produisent des enzymes qui dégradent la chair et limitent donc la durée de conservation des fruits.
Cela signifie que les variétés parentes de la majorité des variétés dites “sans pépins”, aujourd’hui, en France, sont issues de, seulement, 4 variétés – à savoir, “Sugar Baby”, “Charleston Gray”, “Jubilee” et “Crimson Sweet”.
“Sugar Baby” – dénommée, également, “Icebox Midget” – a été développée, en 1955, par M. Hardin de l’Oklahoma. C’est une sélection, pendant 13 ans, de la variété “Tough Sweets” – dont les parents ne sont pas mentionnés dans les archives agronomiques disponibles sur la Toile.
Mais la situation, de la base génétique cultivée des Pastèques, est encore pire que cela dans la mesure où ces trois dernières variétés partagent, quasiment, de la même génétique. Pourquoi? Parce que les parents de “Charleston Gray” et de “Jubilee” sont les mêmes et parce que “Crimson Sweet” a pour parent “Charleston Gray”.
Les parents de “Crimson Sweet” sont “Charleston Gray” ainsi que “Miles” et “Peacock” – tous deux issus, en partie, de “Klondike”. Les parents de “Charleston Gray” sont “Africa 8”, “Iowa Belle”, “Garrison”, “Hawkesbury” et “Leesburg”. Les parents de “Jubilee” sont “Africa 8”, “Iowa Belle”, “Garrison”, “Hawkesbury” et “Leesburg”. Et, pour info: “Iowa Belle” et “Leesburg” ont, pour l’un de leurs parents, la très ancienne variété, du 19e siècle, “Kleckley Sweet”, introduite en 1867 – sans doute issue des variétés “Arkansas Traveler” et “Boss”.
Il en de même avec les “prétendues 200 variétés” de Nunhems/BASF: toutes ses “variétés” sont issues des mêmes lignées: “Sugar Baby”, “Crimson Sweet”, “Jubilee” et “Allsweet”. [116] [117]
“Allsweet” est, également, issu de “Charleston Gray” en sus de “Miles”et “Peacock”.
En conclusion, la majorité des variétés de Pastèques, dites “sans pépins”, qui sont consommées, aujourd’hui – en France, et partout ailleurs, en fait – sont issues, majoritairement, du type “Charleston Gray” et, minoritairement, du type “Sugar Baby”.
C’est pourquoi, les agronomes du ministère de l’agriculture US affirment que la génétique de “Charleston Gray” – introduite en 1954 – est présente dans 95% des variétés modernes de Pastèques cultivées, dans le monde entier, par l’agro-industrie. [115]
Il s’agit d’un énorme problème d’érosion des ressources génétiques de l’espèce Citrullus lanatus. En France, le ministère de l’agriculture propose une page “Pastèques” en évoquant l’existence de 480 variétés de Pastèques! Sans plaisanter? Où sont-elles? [112]
En France, le catalogue national du GNIS/SEMAE, comprend 38 variétés de Pastèques – dont 33 sont des hybrides F1 non reproductibles. [102] Ces hybrides F1 ne sont pas, à proprement parler, des variétés… mais ce sont, tout bonnement, les clones des uns des autres.
Aux USA, un groupe dénommé “Cucurbit Genetics Cooperative” présente, sur leur site web, une liste impressionnante de près de 600 variétés (en pollinisation ouverte tout autant qu’hybrides F1) avec leur histoire et leur géniteurs. [113] [114] Où sont-elles sur le marché US?
Le Seed Savers Exchange a mis en exergue que sur les 130 variétés traditionnelles, en pollinisation ouverte (non hybrides F1), de Pastèques, existant aux USA, en 1981, il n’en restait, déjà, plus que 75 en 2004. Et aujourd’hui, combien en reste-t-il sur le marché US?
Toujours aux USA, le ministère de l’agriculture possède une banque de ressources génétique de Pastèques en contenant 1600 lignées: variétés traditionnelles et modernes, écotypes sauvages, populations provenant d’Afrique, d’Asie, etc. [115] Où sont-elles sur le marché US?
Une étude, réalisée en Inde, en 2023, a analysé la base génétique de 414 accessions de Pastèques. Selon leurs conclusions: la plupart des variétés modernes de Pastèque destinées à la consommation ont un patrimoine génétique restreint, conséquence de nombreuses années de domestication et de sélection visant à obtenir une qualité optimale des fruits. [118]
Aujourd’hui, les agronomes, généticiens, semenciers et obtenteurs tirent la sonnette d’alarme: ils doivent, en effet – toujours et sans cesse – créer de nouvelles variétés, adaptées à une culture hyper-industrielle, résilientes eu égard aux aléas climatiques (ou dénommés tels), mais, surtout, résistantes à toutes les nouvelles pathologies induites par la destruction des sols et l’usage criminel des fertilisants de synthèse et des biocides en tous genres archi-toxiques. [120]
Et ce, malgré une base de ressources génétiques extrêmement réduite.
D’ailleurs, la Revue Horticulturae prépare, pour une publication prochaine, un numéro spécial consacré aux ressources génétiques des Pastèques, “Ressources génétiques et amélioration génétique de la Pastèque et du Melon”. [119] Selon leur présentation: «L’amélioration génétique et les ressources en matériel génétique de la pastèque et du melon revêtent une grande importance. L’amélioration vise à répondre aux attentes des consommateurs en améliorant la qualité des fruits et leur durée de conservation, contribue à renforcer la résistance aux maladies et aux ravageurs, et favorise l’adaptation au changement climatique. Cependant, la diversité génétique des variétés cultivées est limitée en raison d’un pool génétique restreint et de la perte de matériel génétique sauvage. »
Selon un article récent de l’interprofession (Seed World) datant de mai 2026: «De nombreuses caractéristiques clés de la Pastèque, telles que la stabilité de la saveur sucrée, la régularité des rendements, la précocité et la qualité en situation de stress, sont polygéniques et fortement influencées par l’environnement. Si l’on ajoute, à cela, la diversité génétique relativement étroite de cette espèce, la tâche s’apparente à un exercice d’équilibre à long terme : améliorer la résilience et la résistance sans sacrifier la saveur, la couleur, la texture et la durée de conservation…
Au cours du processus de domestication, les caractères liés à la résistance et à la tolérance au stress ont été sacrifiés au profit de fruits plus gros, d’une saveur plus sucrée, d’une absence d’amertume et d’une couleur plus attrayante. Aujourd’hui, les sélectionneurs doivent récupérer ces caractères sacrifiés, souvent à partir d’accessions sauvages provenant de banques de gènes.» [120]
En France, c’est l’Association Kokopelli qui maintient le Flambeau des Pastèques, avec de bonnes semences authentiques, avec la plus belle gamme, au monde, en “bio”, de variétés traditionnelles – et reproductibles: plus d’une trentaine dont certaines sont commentées dans cette présente monographie: “Sugar Baby”, “Crimson Sweet”, “Orangeglo”, Early Moonbeam”, “Desert King”, “Sweet Siberian”, ‘’Verona’’, “Jubilee”… [108]
Mon ouvrage, “Semences de Kokopelli”, présente 62 variétés de Pastèques avec leur description et leur histoire.
En conclusion, la Mafia industrielle, qui contrôle l’alimentation mondiale, a réussi le tour de force d’éliminer la quasi-totalité des ressources génétiques traditionnelles des Pastèques…
… tout en éliminant le vecteur naturel de leur reproduction: les semences… au prétexte qu’elles seraient une “nuisance” pour les consommateurs… alors que les semences de Pastèque en constituent les éléments les plus nutritionnels et médicinaux! Que demande le Peuple?
Les semences de Pastèque peuvent se consommer crues, grillées, fermentées, en farine, en huile, en pousses germées, en lait végétal, etc…
Les fruits de la Pastèque peuvent contenir, environ, de 100 à 800 semences – en fonction des variétés. Leurs couleurs sont multiples: blanche, crème, verte, rouge, brune-rougeâtre à brune et noire, avec ou sans taches.
Les Pastèques dans la Nutrition et les Médecines Traditionnelles de l’Afrique
Selon l’ouvrage, “La Pharmacopée Marocaine Traditionnelle”, (page 264): «Partout au Maroc, la pulpe de Pastèque est considérée comme rafraîchissante, diurétique et purgative. Les graines passent pour avoir des propriétés vermifuges… A Marrakech, les graines de Pastèques, comme les graines de Melons, sont pilées dans un mortier avec un peu d’eau et de l’eau de fleurs d’oranger. Après filtrage sur une mousseline, on obtient une boisson laiteuse, rafraîchissante et de goût agréable. Avec l’écorce de Pastèque, les Juifs Marocains faisaient une confiture.»
Selon cet ouvrage, également: «Les nomades, et les gens de la campagne, savent, empiriquement, que pour rafraichir une Pastèque, il faut la couper en deux et l’exposer au soleil. L’éther, en s’évaporant, refroidit la Pastèque.»
Selon le pharmacien et botaniste Français, Emile Perrot (1867-1951), «A Tombouctou et dans le Sahel, les graines des variétés douces et amères représentent un complément alimentaire de valeur. En raison de leur richesse en lipides, elles sont utilisées, notamment, pour assaisonner les haricots niébé. En Mauritanie, au Mali et au Sénégal, on extrait l’huile de ces graines qui est utilisée dans l’alimentation sous le nom d’huile de beref.»
Selon une étude, de 2015, il existe plus de 5400 plantes médicinales en Afrique. Sur le plan du nombre d’études médicinales publiées, la Pastèque arrive au 7 ème rang. [38]
Selon l’explorateur et botaniste Allemand, Maximilian Friedrich Wilhelm Quedenfeld (1851-1891): «Dans certaines régions du Maroc, les Berbères fabriquent, avec la Pastèque cultivée, une boisson fermentée. Pour cela, ils entaillent dans l’écorce une ouverture carrée; retirent un peu de pulpe pour faire de la place, introduisent quelques gouttes de miel; puis, rebouchent l’ouverture. Le fruit est alors enfoui dans un tas d’orge où il se réchauffe; au bout de 45 jours, la fermentation a détruit la pulpe et on peut retirer un liquide enivrant».
A noter que les Berbères ne sont pas les seuls à préparer des boissons fermentées à partir de la Pastèque. Dans le sud de la Russie, le jus de Pastèque fermenté servait à confectionner de la “bière”. De même chez certains Peuples Amérindiens qui en élaboraient du “cidre”.
Selon l’ouvrage, de 2014, “Handbook of African Medicinal Plants”, (page 409), Citrullus lanatus est utilisé, en Afrique, pour soigner le diabète.
Selon l’ouvrage, “Medicinal and Magical Plants of southern Africa”, la Pastèque fait partie de la guirlande de plantes rituelles et magiques utilisées, par les shamans, en Afrique du sud.
En Namibie, le jus de Pastèque est fermenté afin de produire une boisson rafraîchissante et légèrement alcoolisée. En Namibie, également, une huile est extraite des semences de Pastèque pour des usages alimentaires, médicinaux et cosmétiques. [80]
Au nord du Soudan, les semences sont utilisées comme laxatif et pour traiter les brulures, les rhumatismes, la goutte, les enflements. [79]
Au Sénégal, la Pastèque est utilisée comme purgatif tandis qu’au Nigeria, elle est utilisée pour soigner les diarrhées et les gonorrhées.
Au Zimbabwe, les semences sont utilisées pour traiter les diarrhées, l’hypertension et comme tonique. [69]
En Afrique du sud, les semences fermentées servent à confectionner un édulcorant dénommé, localement, “Ogiri”, ou bien elles sont cuites, dans une feuille de Pastèque, pour obtenir un autre édulcorant dénommé “Igbãlo”. [101]
En Afrique du sud, également, les racines de Pastèque sont utilisées, par les guérisseurs traditionnels, pour soigner les maux de tête. Elles sont réduites en poudre et consommées avec de l’eau, trois fois par jour. Ces racines sont, également, utilisées par les guérisseurs (tels que ceux des Bapedi) pour soigner la tuberculose – en particulier, en synergie avec l’Aloe vera. [46]
Dans certaines régions d’Afrique, l’écorce est coupée en tranches, séchée, cuite et consommée.
Les Pastèques dans la Médecine Traditionnelle Chinoise
La Médecine Traditionnelle Chinoise utilise principalement un type de Pastèque, dénommé “Sanbai”, qui possède une écorce, des semences, et de la pulpe, de couleur blanche.
Ce type de Pastèque, nutritive et médicinale, est mentionné dans les Traités Médicinaux “Ri Yong Ben Cao” de Wu Rui (1330), “Bencao Gangmu” (1578), “Zhonghua Bencao” et “Benjing fengyuan” de Zhang Lu (1695).
Les semences sont utilisées pour traiter les problèmes urinaires et le diabète. [2]
Selon l’ouvrage, “Chinese Medical Herbology and Pharmacology”, (pages 135 et 136), la Pastèque, “Xi Gua”, possède une capacité excellente d’éliminer la chaleur et l’humidité durant l’été. Elle est communément utilisée pour traiter les fluides corporels lésés par la chaleur de l’été – et induisant de l’irritabilité, de la soif et la dysurie. “Xi Gua” doit être utilisé avec précaution en cas de déficience de l’estomac et de la rate.
La Pastèque, dans la Médecine Traditionnelle Chinoise, est corrélée aux Méridiens du Coeur, de l’Estomac et de la Vessie.
“Xi Gua” est, également, dénommé, la “Décoction naturelle du Tigre Blanc”.
Selon cet ouvrage, une autre préparation, “Xi Gua Pi”, est confectionnée à partir de l’écorce de la Pastèque “Sanbai”. Elle est utilisée pour traiter la dysurie et les ulcères de la bouche.
Cette préparation est mentionnée dans le Traité “Xi Xin Fa”, de Zhu Zhen-Heng, en 1481.
Il est à noter que selon une étude Chinoise récente, de 2025, portant sur 3733 personnes âgées, la consommation de Pastèque, plusieurs fois par semaine, diminuaient les risques, de moitié, de développer un affaiblissement des capacités musculaires (sarcopénie) – en particulier, de par son très haut contenu en Citrulline, Lycopène, β-Carotène et Vitamines A et C. [61]
A noter que 80% de la production mondiale de Pastèques se concentre en Asie – et près de 70% en Chine.
En Chine, la Pastèque entre dans la composition d’un aliment fermenté à base de Soja. – qui est communément consommé dans certaines régions. Cette préparation contient, également, de la farine de blé, et des épices, et elle est fermentée à l’aide de souches de bactéries et de levures. [54]
Cette préparation est réputée posséder des propriétés médicinales anti-hypertensives et anti-artériosclérosiques.
Les Pastèques dans les autres Médecines Traditionnelles
Traditionnellement, la Pastèque a été utilisée pour ses propriétés médicinales aphrodisiaques, diurétiques, anti-urolithiatiques, anti-diarrhéiques, ainsi qu’à l’encontre de la rougeole et des problèmes ophtalmiques.
Dioscorides a écrit que la chair du “pepon” est facile à digérer et diurétique, et que l’écorce du “pepon” doit être appliquée sur le sommet de la tête d’un enfant souffrant d’un coup de chaleur. Second volume de “De Materia Medica” (année 70).
En Inde, selon la Médecine Traditionnelle Siddha, les semences de Pastèque sont utilisées comme vermifuge, tonique général et aphrodisiaque. Selon la Médecine Traditionnelle Ayurvédique, les semences de Pastèque sont utilisées comme diurétique, rafraichissant et aphrodisiaque. [60]
A Pakistan, les semences de Pastèque sont utilisées pour traiter l’asthme et autres pathologies respiratoires ainsi que les maladies urinaires (entre autres, l”énurésie), gastro-intestinales, cardio-vasculaires. Elles sont, également, utilisées pour réduire les fièvres et comme aphrodisiaque. [30].
Au Brésil, les semences de Pastèque sont utilisées pour les états débiles, pour la pneumonie, les fièvres, les rétentions urinaires, les diarrhées et comme aphrodisiaque [42]
En Argentine, les semences de Pastèques sont utilisées, par les migrants Guarani du Paraguay, pour traiter les ulcères et la rougeole. [85]
En Argentine, les semences de Pastèques mais, également, de Melons et de diverses espèces de Courges, entrent dans la composition d’une boisson traditionnelle thérapeutique dénommée “Horchata” – utilisée, en particulier, pour soigner les pneumonies, les refroidissements, la rougeole, etc. [62]
La Belle Histoire des Usages Alimentaires, Médicinaux, Culturels et Rituels, de la Pastèque, chez les Peuples Amérindiens
En fait de Réel, les Pastèques (ainsi que les Melons, le Blé et les Pêches) furent adoptées, et disséminées, très rapidement par de très nombreux Peuples Indigènes au nord du Mexique et au-delà – à savoir, dans ce que sont aujourd’hui, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona, etc – bien avant l’arrivée, dans ces régions des Colons Occidentaux. Pourquoi? A cause de leur extrême popularité!
C’était la Puissance de la Semence, antan, de voyager plus vite que ceux-là mêmes qui l’avaient apportée.
Par exemple, il semble avéré que les Melons et les Pastèques étaient cultivées dans la région de Puebla, au Mexique, dès 1530. Par exemple, Espejo, l’explorateur, lors de l’une de ses expéditions, en 1582, souligna qu’il avait observé, près de la Frontière de l’actuel Texas, que les Peuples Indigènes cultivaient, déjà, des Pastèques. Par exemple, en 1598, l’administrateur Espagnol, Oñate, voyagea dans le Rio Grande et y découvrit la culture des Pastèques.
À la fin du XVIIe siècle, les Pastèques étaient cultivées par les Peuples Indigènes dans tout l’est de l’Amérique du Nord, y compris dans des communautés du Midwest et de la région des Grands Lacs. A savoir, bien avant leur premiers contacts avec des Européens.
Il est à noter, par ailleurs, qu’il n’est, parfois, pas aisé de découvrir des vestiges archéologiques de graines de Pastèques chez tous ces Peuples du sud et du sud-est des USA. Pourquoi? Parce qu’ils avaient bien compris, eux aussi, que la graine de la Pastèque est archi nutritionnelle et thérapeutique.
Sur le plan alimentaire, les Pastèques, ainsi que les Melons, furent d’autant plus rapidement adoptés, avec grand enthousiasme par les Peuples Indigènes qu’ils avaient l’habitude, depuis des milliers d’années, de cultiver diverses espèces de Courges – du genre Cucurbita – en compagnie de leurs Maïs et de leurs Haricots.
Les Peuples Pimas considéraient les semences de Pastèques comme l’une de leurs nourritures les plus essentielles.
Chez les Peuples Iroquois, la pulpe fraîche, ou séchée, de la Pastèque, est bouillie, réduite en purée et incorporée à la pâte lors de la préparation du pain de maïs.
Chez les Peuples Hopis, les graines grillées de Pastèque sont dégustées avec du maïs grillé et du pain “piki”.
Les Pastèques, ainsi que les Melons, furent adoptés non seulement sur le plan alimentaire et médicinal mais, également sur le plan culturel et rituel.
Ainsi, Le Page du Pratz, en 1763, dans son ouvrage “The History of Louisiana, or of the Western Parts of Virginia and Carolina: Containing a Description of the Countries That Lye on Both Sides of the River Mississippi: With an Account of the Settlements, Inhabitants, Soil, Climate, and Products”, commenta que le Peuple Natchez, dans le sud du Mississippi, divisait son cycle agricole en 13 lunaisons: la 4e lunaison, celle de juin, était la lunaison de la Pastèque.
Chez les Peuples Navajo, une partie de la Médecine du “Chant de la nuit” consiste en un mélange de “pollen bleu”, de plantes sauvages et de Tabac, auquel on ajoutait des feuilles de Maïs cueillies aux quatre coins du champ (est, sud, ouest et nord), des feuilles de Courge provenant du côté sud-est, des feuilles de Haricot du sud-ouest, des feuilles de Pastèque du nord-ouest et des feuilles de Melon du nord-est. Selon l’ouvrage “Ethnobotany of the Navajo” de Francis Elmore, en 1944. [123]
Lors de la Révolte des Pueblo, en 1680, leur leader, Po’pay, enjoignit son peuple de respecter les traditions et les rites de leurs ancêtres, afin de «récolter de grandes quantités de Maïs, de Haricots, de Coton, de Courges et de Pastèques». Ce qui signifie que 160 années après l’arrivée de Cortez, au Mexique, certains Peuples Indigènes considéraient la Pastèque comme faisant partie de leur ressources alimentaires ancestrales – et de leurs ressources génétiques.
Depuis que j’ai lancé, fin 1992, le Jardin Botanique de la Mhotte et, ensuite, Terre de Semences, et l’Association Kokopelli, nous avons cultivé une bonne soixantaine de variétés, ou écotypes, de Pastèques – dont certaines Pastèques Amérindiennes :“Hopi Yellow”, “Rio Mayo Sakobari”, “Navajo Winter”. Seule, aujourd’hui, une moitié en est commercialisée par Kokopelli car il est relativement difficile, à notre époque, de maintenir, reproduire, produire – et commercialiser – des semences d’une très grande diversité de Pastèques.
En fait, selon le travail gigantesque de l’ethnologue US, Daniel Moerman, ce sont, principalement, toutes les pathologies rénales que les Peuples Amérindiens soignaient avec les semences de Pastèques. [123]
Les Peuples Cherokee utilisaient les semences de Pastèques, en décoction, pour traiter les pathologies rénales. De plus, leurs enfants mastiquaient les semences pour traiter l’énurésie.
Les Peuples Chickasa utilisaient les semences de Pastèques, en pâte, pour traiter les problèmes d’hématurie, la présence de sang dans les urines.
Les Peuples Iroquois utilisaient les semences et les racines de Pastèques, en décoction, pour traiter l’anurie, l’absence d’urines.
Les Peuples Rappahannock utilisaient les semences, en décoction, pour traiter les calculs rénaux.
Les Propriétés Médicinales de la Pastèque selon les Investigations Pharmacologiques
Selon les évaluation pharmacologiques modernes, la Pastèque possède des qualités médicinales diurétiques [59] et anti-urolithiatiques [13], anti-oxidantes [15], anti-hypertensives, anti-inflammatoires, anti-diabétiques, anti-cancers [1], anti-ulcères, anti-tumeurs, hypocholestérolémiques, anti-microbiennes [15], hépato-protectrices [109], néphro-protectrices, neuro-protectrices, anti-spasmodiques [30], anti-diarrhéiques [36], anti-paludiques, cardio-protectrices, anti-asthmatiques, anti-helminthiques [76].
Les semences de la Pastèque possèdent des propriétés médicinales analgésiques, anti-inflammatoires, diurétiques et anti-urolithiatiques, anti-oxydantes, hypotensives, cardio-protectrices, laxatives, anti-ulcératives, anti-diarrhéiques [36].
L’écorce de la Pastèque possède des propriétés médicinales analgésiques [8], néphro-protectrices [5] [6], hépato-protectrices.
Les racines de la Pastèque, à haute dose, sont laxatives et émétiques. [72]
Une étude, de 2024, a mis en exergue les propriétés anti-microbiennes (et anti-oxydantes) des feuilles, pédoncules et écorces de la Pastèque à l’encontre de Salmonella typhi, Pseudomonas aeruginosa, Bacillus subtilis et Staphylococcus aureus. [15] Selon une étude, de 2021, à l’encontre de Staphylococcus albus, Escherichia coli, Bacillus subtilis, Micrococcus luteus, Listeria innocua, Klebsiella oxytoca, Salmonella enterica, Shigella sonnei, Streptococcus thermophilus, Salmonella typhii. [47]
A noter que, selon cette première étude, le pédoncule contient du stigmastérol qui possède des propriétés anti-diabétiques, du dihydroergostérol qui possède des propriétés anti-inflammatoires, du pantolactone qui possède des propriétés vulnéraires et anti-inflammatoires, de la prégabaline qui possède des propriétés anti-spasmodiques.
Selon les évaluations pharmacologiques modernes, la Pastèque possède des propriétés anti-cancer à l’encontre des cancers suivant: cervix, foie, poumons, prostate, épiderme, leucémie, reins, larynx, seins, colon. [26] [31] [37] [48]
Selon les évaluations pharmacologiques modernes, les semences de Pastèque possèdent des propriétés anti-cancer à l’encontre des cancers suivant: cervix, foie, poumons. [32] [33]
Selon une étude, de 2022, [1], les écorces de Pastèque possèdent des propriétés anti-cancer à l’encontre des cancers suivant: poumons, colon-rectum, larynx, foie et seins. Selon une étude, de 2023, à l’encontre du cancer des reins. [35]. Selon une étude, de 2019, à l’encontre du cancer du larynx. [40]
La Pastèque, également, confère une protection à l’encontre des radiations – en particulier sous l’action de la Citrulline. [57] [58]
La Pastèque est un Aphrodisiaque Réputé!
Un certain nombre d’études ont mis en exergue les propriétés aphrodisiaques de la Pastèque (jus, semences, écorces) ainsi que sa capacité à renforcer le système de reproduction mâle et femelle.
Une étude Camerounaise récente, de 2026, a mis en exergue les propriétés aphrodisiaques la Pastèque. [7]
Ces diverses études valident la réputation de la Pastèque comme aphrodisiaque ainsi que le rapportent les diverses Traditions Médicinales de par le monde entier: Inde, Pakistan, Brésil, Cameroun, etc… [30] [42] [60] [101]
En Inde, selon la Médecine Traditionnelle Siddha, et la Médecine Traditionnelle Ayurvédique, ce sont les semences de Pastèque qui sont utilisées comme aphrodisiaque. [60]
Selon une étude, de 2003, une alimentation riche en Citrulline – dont la Pastèque contient un fort ratio – semble améliorer, chez le mâle, l’endurance sexuelle et les fonctions érectiles. L’action de la Citrulline est attribuée à sa capacité de libérer de l’oxyde nitrique, ce qui entraîne à son tour une augmentation du débit sanguin dans l’organisme – y compris au niveau du pénis. [81]
Sur le plan de la fertilité masculine, la Pastèque améliore la qualité du sperme, les capacités d’érection, l’équilibre redox et la fonction sexuelle. Elle augmente, également, la sécrétion de testostérone et de gonadotrophines. [100]
Voici une série d’études, récentes, concernant ses qualités de promotion de la fertilité mâle:
“Effet du jus de Citrullus lanatus sur le sperme humain”. 2024. [88]
“Effets de la Pastèque (Citrullus lanatus) sur la fertilité masculine”. 2023. [76]
“Effets de l’extrait de graines de pastèque (Citrullus vulgaris) sur la spermatogenèse chez le rat”. 2013. Selon cette étude, la Pastèque améliore la spermatogenèse chez les rats. [64]
“Effet du jus de pastèque (Citrullus lanatus) sur le stress oxydatif dans les spermatozoïdes humains”. 2020. Selon cette étude, le jus de Pastèque protège le sperme humain à l’encontre du stress oxydatif. [66]
“Mécanismes moléculaires à l’origine des effets érectogènes de la lunamarine, un nutraceutique et nouvel inhibiteur de la PDE5 issu de la Pastèque (Citrullus lanatus). 2024. [99]
“Effets bénéfiques de l’extrait hydrométhanolique d’écorce de Citrullus lanatus (Pastèque) sur les paramètres séminaux, les hormones reproductives et le statut oxydatif testiculaire après administration de nicotine chez des rats Wistar mâles”. 2019. [43]
“Effets de la Pastèque (Citrullus lanatus) sur la fertilité masculine”. 2022. Cette étude a mis en évidence le mécanisme par lequel la Pastèque améliore la fertilité masculine, puisqu’il a été démontré qu’elle améliorait la qualité du sperme, remédiait aux troubles de l’érection, optimisait l’équilibre redox testiculaire et favorisait la sécrétion de gonadotrophines. [55]
“La consommation alimentaire de Citrullus lanatus peut atténuer l’effet potentiellement stérilisant de l’extrait de graines de Carica papaya chez les rats mâles”. 2016. Selon cette étude, la consommation de Pastèques contrecarre l’effet de stérilité induit par les extraits de semences de Papaye. [73]
“Effet des extraits de graines de Citrullus lanatus sur la testostérone totale sérique chez le rat”. 2014. [70]
“Effets protecteurs de l’extrait éthanolique de semences de Citrullus lanatus sur les modifications des taux de testostérone, des paramètres testiculaires et des paramètres hématologiques induites par le chlorure d’aluminium chez un modèle expérimental de rat mâle”. 2021. Selon cette étude, l’extrait de semences de Citrullus lanatus, à base d’éthanol, a démontré un potentiel protecteur contre les effets nocifs de l’aluminium sur le système reproducteur masculin et l’hématologie chez un modèle expérimental de rats mâles. [75]
“Effets protecteurs de l’extrait aqueux de fruit de Citrullus lanatus sur les fonctions reproductives et l’activité antioxydante chez des rats Wistar mâles exposés à l’arsenic”. 2018. [65]
“Études sur la poudre brute, et l’extrait éthanolique, de semences de Citrullus lanatus : analyse phytochimique, effets sur l’hémogramme et certaines caractéristiques reproductives chez des rats albinos mâles”. 2018. [68]
“Potentiel d’un extrait méthanolique de graines de Citrullus lanatus (Pastèque) pour améliorer les paramètres spermatiques, les taux de testostérone et la cytoarchitecture testiculaire chez des rats albinos mâles exposés à l’acétate de plomb”. 2015. [98]
“Effet de l’extrait éthanolique d’écorce de Pastèque (Citrullus lanatus) sur le nombre de cellules de Leydig, de Sertoli et de cellules spermatogéniques chez le rat (Rattus norvegicus) exposé à la chaleur”. 2021. [83]
“Effet de l’extrait de chair de pastèque (Citrullus lanatus) sur le comportement sexuel des rats mâles”. 2014. [77]
Voici, maintenant, une série d’études, récentes, concernant ses qualités de promotion de la fertilité femelle:
“Les extraits hydrométhanoliques de semences de Citrullus lanatus et la caféine ont amélioré les hormones reproductives et l’histologie ovarienne chez des rates intoxiquées à l’acétate de plomb”. 2016. [67]
“Potentiel de la Pastèque (Citrullus lanatus) pour préserver la stabilité oxydative du sperme de coq en vue de l’insémination artificielle”. 2021. Selon cette étude, le jus de Pastèque favorise les processus de fertilité dans le cas d’insémination artificielle chez les Gallinacés. [84]
“La prise de compléments alimentaires à base de jus de Betterave, de Pastèque et de Gingembre pourrait améliorer les résultats cliniques des cycles d’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes”. 2023. Selon cette étude, le jus de Pastèque, de Betterave et de Gingembre favorise les processus de fertilité dans le cas de procréation médicalement assistée. [63]
La Pastèque constitue la Source la plus Riche de Citrulline
La Citrulline est un acide aminé – non essentiel et non protéinogène – précurseur de l’arginine, qui possède un impact bénéfique sur le cycle de l’urée, la santé musculaire, la circulation sanguine et la vitalité générale et qui se caractérise, également, par des capacités anti-oxydantes. [82] [90] [91] [92] [93] [94] [95]
Selon une étude, de 2022: «La Pastèque est une source riche en L-citrulline, et sa consommation peut augmenter les taux plasmatiques de L-citrulline et de L-arginine, un substrat essentiel à la synthèse de l’oxyde nitrique. C’est pourquoi la consommation de Pastèque est largement recommandée pour améliorer la santé vasculaire chez les populations cliniques. » [96]
Dans la Famille des Cucurbitacées, la Citrulline est la plus abondante dans les Pastèques. Ainsi, une étude, de 2019, a mis en valeur des taux de Citrulline de 2,85 g/kg et 2,43 g/kg (en poids frais) respectivement, pour les variétés “Crimson Sweet” et “Dixielee”. [78]
Selon cette étude, les Pastèques contiennent, environ, 10 fois plus de Citrulline que les Concombres, six à neuf fois plus que les Melons cantaloup et les Margoses (Momordica) et 41 fois plus que les Courges (Cucurbita pepo).
Selon certaines études, la Citrulline se trouve, principalement, dans l’écorce de la Pastèque. [74] En fait, tout dépend des variétés et des analyses effectuées en poids frais ou en poids sec.
La Citrulline se trouve, également, dans les feuilles des Pastèques (ainsi que dans les feuilles d’autres Cucurbitacées): elle s’y accumule dans des conditions de sécheresse. [91]
Selon une étude, de 2005, la Citrulline variait de 3,9 mg/g à 28.5 mg/g (en poids sec) et son ratio était similaire chez les variétés à semences et celles sans semences. Les Pastèques à chair rouge contenaient un peu moins de Citrulline que celles à chair jaune ou orange: 7,4 mg/g pour les rouges, 28,5 mg/g pour les jaunes et 14,2 mg/g pour les oranges (en poids sec). L’écorce contenait plus de citrulline que la chair en poids sec (respectivement 24,7 mg/g et 16,7 mg/g), mais un peu moins en poids frais (respectivement 1,3 mg/g et 1,9 mg/g). [89]
On trouve, également, de la Citrulline dans la pulpe de Cacao fermentée ainsi que dans la sauce de soja fermentée, dans les jeunes pousses de Noyer et dans la sève du Bouleau de Mandchourie (Betula platyphylla).
Certaines Pastèques Contiennent plus de Caroténoïdes que les Tomates
Une étude, de 2006, a analysé le contenu en Caroténoïdes de 50 variétés de Pastèques, à chair rouge – avec ou sans graines. La teneur en lycopène variait considérablement d’une variété à l’autre, allant de 33 à 100 mg/kg. La plupart des variétés hybrides à pépins présentaient des teneurs moyennes en lycopène. 16 des 33 variétés sans pépins affichaient des teneurs en lycopène élevées, voire très élevées. Le lycopène tout-trans était le caroténoïde prédominant (84% à 97%) dans tous les cultivars de Pastèque analysés par chromatographie liquide à haute performance, mais les ressources génétiques présentaient des différences quant aux quantités relatives de lycopène cis, de β-carotène et de phytofluène. [4]
Une étude, de 2006, a analysé le contenu en Caroténoïdes de diverses variétés de Pastèques possédant des couleurs de chair différentes: [12]
Les variétés à chair rouge “Calsweet”, ‘‘Sugar Baby’’, ‘‘Bush Snakeskin’’, ‘‘Verona’’ et ‘’Dixielee’’, contenaient, environ, 95% de lycopène et 5% de β-carotène.
La variété, à chair rouge, “Crimson Sweet”, ne contenait que du lycopène et des traces de β-carotène.
La variété, à chair rouge-orange, “Malali”, contenait, principalement, du lycopène et, en moindre mesure, du β-carotène et du ξ-carotène.
Les variétés, à chair orange, “Orangeglo” et “Orange Flesh Tendersweet”, contenaient, principalement, du poly-cis-lycopène et, en ordre décroissant, du phytoène, du ξ-carotène et des traces de phytofluène et de β-carotène.
Les variétés, à chair jaune-saumon, “Yellow Crimson”, “Yellow Flesh Black Diamond”, “Golden Honey”, etc, contenaient, principalement, du poly-cis-lycopène – mais en faible teneur – ainsi que des traces de β-carotène, de violaxanthine, de lutéine, de neurosporène, de zéacarotène.
Les variétés, à chair jaune, “Early Moonbeam” et “Desert King”, ne contenaient que des traces de β-carotène et de lutéine.
Certaines études ont mis en valeur que l’absence de caroténoïdes, dans les Pastèques et les Tomates – par exemple chez “Early Moonbeam” – empêchait la production du terpène Géranial. Il s’avère, en effet, que le lycopène, le principal pigment des variétés rouges de Pastèques et de Tomates, est à l’origine d’un certain nombre de composés aromatiques volatiles, dont le Géranial. [103] [104]
La variété, à chair orange, “Sweet Siberian”, contient, principalement, du β-carotène et des traces d’autres caroténoïdes. Son taux global de caroténoïdes est de l’ordre de 5 à 10 fois moins que les variétés à chair rouge qui en contiennent le plus.
Les variétés à chair blanche ne contiennent aucun caroténoïde. Les variétés, à chair jaune-saumon, contiennent de 10 à 50 fois moins de caroténoïdes que les variétés à chair rouge qui en contiennent le plus.
Autres Composants Nutritionnels et Médicinaux de la Pastèque
En fonction des variétés, et des écotypes, la chair et le jus de la Pastèque contiennent un mélange de sucres sous forme de glucose et de sucrose (de 20 à 40%) ainsi que de fructose (de 30 à 50%). [71]
Selon une étude, de 2013, le contenu en sucres (fructose, glucose et sucrose) est relativement identique – à savoir, sans énormes variations – quelle que soit la couleur de la pulpe des diverses variétés de Pastèque. De même, le contenu en vitamine C n’est pas dépendant de la couleur et varie de 0 à 29 microgrammes/gramme. [16]
Quant aux écorces de la Pastèque, elles contiennent divers types de sucres: galactose, arabinose, rhamnose, mannose, xylose et glucose. [40]
En fonction des variétés, et des écotypes, les semences de Pastèque contiennent, environ, de 15% à 28% de protéines et de 15% à 52% de lipides. [9]
Selon une étude, de 2016, les variétés “Charleston Gray”, “Crimson Sweet” et “Black Diamond”, contenaient, environ, 18% de protéines et 27% de lipides – et 39% à 43% de fibres alimentaires. Selon cette étude, le niveau de composés phénoliques, des semences de Crimson Sweet, était 3,5 fois supérieur à celui de Charleston Gray. [52]
Selon une étude, de 2023, la variété “Sugar Baby” contenait 27% de protéines et 40% de lipides dans ses semences; 14% de protéines et 10% de lipides dans ses écorces; 5% de protéines et 3% de lipides dans sa pulpe. La variété “Crimson Sweet” contenait 18% de protéines et 27% de lipides dans ses semences; 10% de protéines et 9% de lipides dans ses écorces; 4% de protéines et 2% de lipides dans sa pulpe. [86]
Selon une étude de 2018 portant sur le type Chinois de Pastèque, dénommée “Sanbai”, l’huile de semences contenait 53% d’acide linoléique, 25% d’acide oléique et 14% d’acide palmitique. [2] Cette huile est, traditionnellement, utilisée pour la cuisine.
L’huile de semences contient, également, en petites quantités, les acides linoléniques, margariques, arachidiques….
Les semences de Pastèque contiennent des niveaux élevés de potassium, de calcium, de magnésium, de phosphore, de sodium et de zinc – en sus de fer, de manganèse et de cuivre.
En fonction des variétés, et des écotypes, les extraits de Pastèque (semences, écorces, etc) contiennent, également:
Des Flavonoïdes: Naringine, Rutine, Quercétine, Kaempférol, Catéchine, Epicatéchine, Orientine, Naringénine, Isovitéxine, Quercitrine, Apigénine, Lutéonine, Myricétine, etc.
Une étude, du Ghana, de 2021, a mis en valeur que l’écorce de Pastèque contient 2 fois plus de composés phénoliques que les semences et 10 fois plus que la pulpe. [47]
Des Acides Gras: myristique, palmitique, stéarique, arachidique, béhénique, lignocérique, oléique, linoléique. [110]
D’autres Acides Phénoliques: coumarique, cafféique, vanillique, gallique, férulique, sinapique, benzoïque, syringique.
Des Vitamines A, D, C, K, E ainsi que des vitamines B spécifiques (Pyridoxine, Riboflavine, Thiamine, Niacine, acide folique, acide panthoténique).
Des acides aminés dont les prédominants sont, en fonction des variétés, et des écotypes: acide glutamique, arginine et acide aspartique pour les acides aminés non essentiels. En ce qui concerne les acides aminés essentiels, la Pastèque ne contient que peu, ou pas, de tryptophane et de cystéine.
Des Triterpénoïdes: des Cucurbitacines; des Phytostérols (sitostérol, stigmastérol, stigmastadiénol, campestérol, campestanol, etc.); du Squalène.
Des Coumarines: Scopolétine.
Des alcaloïdes, des saponines et des tanins – qui sont principalement présents dans les écorces et dans le semences. [86]
Qualités Médicinales d’Autres Espèces de Pastèques
Citrullus colocynthis
L’espèce, Citrullus colocynthis, est dénommée “Coloquinte” de par son nom Latin issu du Grec, κολοκυνθίς, kolokunthís.
Caveat. Cette Coloquinte n’a rien à voir avec les types de Cucurbita pepo, à petits fruits très amers, qui sont utilisés, principalement, pour la décoration.
Cette espèce a été, traditionnellement, utilisée pour traiter la constipation, les pathologies du foie, la jaunisse, la fièvre typhoïde, le diabète et l’asthme, les cancers…
Selon l’ouvrage, “Handbook of African Medicinal Plants”, (pages 37 et 402), Citrullus colocynthis est utilisé, en Afrique, pour traiter les fièvres et les infections de l’épiderme ainsi que comme laxatif. C’est l’une des espèces Africaines les plus utilisées, également, pour soigner la tuberculose.
Selon l’ouvrage, “Bedouin Ethnobotany” (en page 285), les semences de Citrullus colocynthis – dénommé “shari” et “handal” – sont utilisées, par les Bédouins, comme laxatif – avec comme conseil de respecter la dose, de quelques semences, afin de ne pas souffrir de crampes potentielles.
Dans la Médecine Traditionnelle Berbère, Citrullus colocynthis a été utilisé pour traiter diverses pathologies – telles que les rhumatismes, l’arthrite, l’hypertension, la bronchite, la mastite et, même, les cancers. [44]
De même, dans la Médecine Traditionnelle Ouïghoure, Citrullus colocynthis a été utilisé pour traiter les cancers.
Dans la Médecine Traditionnelle Perse, Citrullus colocynthis a été utilisé pour ses propriétés purgatives, anti-inflammatoires, anti-diabétiques [50], analgésiques, favorisant la pousse des cheveux, abortives et antiépileptiques.
Dans les Médecines Traditionnelles de l’Inde, Citrullus colocynthis a été utilisé pour traiter de très nombreuses pathologies: les douleurs abdominales, l’aménorrhée, les furoncles, les infections bactériennes, les cancers, les toxémies, la constipation, le diabète, les rhumatismes, la syphilis, les infections urinaires, les morsures, les caries dentaires, la stérilité, etc, etc. [41]
Il est, de nos jours, pharmacologiquement validé que cette espèce possède des propriétés anti-oxydantes, anti-cancers, anti-inflammatoires, analgésiques, gastro-protectrices, anti-microbiennes, anti-diabétiques, hypolipidémiantes, anti-néoplasiques, profibrinolytiques, anti-allergiques, immuno-stimulatrices, etc. Elle protège, également, le système reproductif.
A noter que les propriétés anti-cancer de Citrullus colocynthis ont été mises en exergue à l’encontre des cancers suivants – dont des cancers résistant [22] à tout traitement allopathique: colon-rectum [20] [29] [49] [56], seins [21] [23] [24] [27], pancréas, écorce [25], poumons [19] [28], leucémie [34], foie [39] [51] [53], reins [45].
A noter que les propriétés anti-microbiennes de Citrullus colocynthis ont été mises en exergue à l’encontre de: Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus, Escherichia coli, Enterococcus faecalis, Candida albicans. [87]
Citrullus mucospermus.
Cette espèce, connue sous le nom “Egusi”, est génétiquement très proche de Citrullus lanatus. Elle est cultivée, en Afrique de l’ouest et du centre – mais, également, énormément en Chine – pour ses semences qui sont très riches en lipides et en protéines. Elles se consomment crues, grillées ou moulues pour préparer des soupes ou de l’huile.
Sur le plan pharmacologique, elle facilite la lipogenèse dans les sébocytes. [10] Elle possède des propriétés anti-obésité [18], hépato-protectrices [14].
Ce sont des chercheurs Russes, de l’Institut Vavilov, de St. Petersbourg, qui découvrirent, au Soudan, au milieu du siècle passé, Citrullus mucospermus et Citrullus lanatus cordophanus qui – si l’on en croit le mythos de la génétique moderne – seraient les deux principaux candidats à la parenté de la Pastèque dite “domestiquée”. [3]
Citrullus naudinianus
Cette espèce est collectée sauvage en Afrique. Ses infusions et/ou décoctions de fruits, de feuilles, de racines, de tiges et de tubercules sont, principalement, utilisées comme boisson désaltérante, en médecine ethnovétérinaire et en médecine traditionnelle pour traiter les plaies, les blessures, le cancer, la gonorrhée et les maladies inflammatoires. Parmi les composés phytochimiques identifiés dans cette espèce, on trouve des cucurbitacines, des alcaloïdes, des anthraquinones, des coumarines, des flavonoïdes, des saponines et des triterpénoïdes. [17] Cette espèce possède des propriétés immuno-modulatrices, anti-oxydantes, anti-bactériennes.




















