Quinoa : le bio-piratage au coeur de l’Anjou

Avant-Propos

Les objectifs primordiaux – et déclarés – de cet article sont de mettre en exergue certaines pratiques commerciales dans le secteur de la production et de la distribution de la quinoa bio – que cela soit la quinoa bio Bolivienne ou la quinoa bio produite en France, sous licence – et tout simplement de susciter une campagne internationale mettant fin à toute attribution de brevets – et autres COVs selon le jargon pathologique et insensé de la Matrix agricole biocidaire – sur cette espèce alimentaire, emblématique des Peuples Andins, qu’est la Quinoa, la Chisiya Mama. Les Peuples Andins ont été martyrisés depuis 500 ans par la Peste Occidentale: ne pourrait-on pas leur laisser au moins la Quinoa – symboliquement?

quinoa

Chez Kokopelli, nous protégeons le domaine public depuis 23 ans. Mais “domaine public” ne signifie pas que les variétés de Kokopelli soient tombées du ciel. Une grande partie des variétés nouvelles – et en pollinisation ouverte – que nous distribuons, sont issues des travaux de chercheurs géniaux tels que Mushroom, Tom Wagner, Frank Morton, etc, etc. Ces agronomes/paysans ont fait don de leur travail de créations variétales au domaine public – et c’est le cas de très nombreuses, mais pas toutes, nouvelles variétés sélectionnés par les universités US.

L’Association Kokopelli hésite encore à se porter partie civile pour faire annuler tous les brevets sur la quinoa – nous n’avons aucune confiance dans les Tribunaux de l’Injustice Internationale – l’objectif fondamental étant de porter le débat sur la place publique. Le premier brevet placé sur la quinoa, en 1994, par l’Université du Colorado, portait sur la découverte d’une stérilité mâle cytoplasmique qui allait permettre à cette université de créer des hybrides F1 de quinoa – ou du moins de le tenter. Le brevet fut abandonné, en 1998, suite à la colère de la société civile et des Peuples Andins.

Nous avons invité, dans la Paix, M. Jason Abbott, de la société AbbottAgra en Anjou, à s’inspirer de la décision de l’Université du Colorado de redonner aux Peuples Andins ce qui leur appartient – au moins symboliquement – et de remettre dans le domaine public planétaire toutes les variétés de quinoas qu’il a bloquées sur toute l’Europe – avec l’Université de Wageningen en Hollande – dans le cadre du système parasite et malfaiteur que constitue l’UPOV. En effet, Jason Abbott a mis en place son European Quinoa Group qui travaille en partenariat étroit avec le groupe Hollandais GreenFood50, sis à Wageningen. L’European Quinoa Group, et GreenFood50, sont membres [20] de la Food Valley Society [21], une organisation Hollandaise comprenant 154 membres dont Coca-Cola, Mitsubishi, Danone, etc, ad nauseam.

Jason Abbott a décliné notre invitation d’abandonner tous ses brevets sur la Quinoa. Jason Abbott va donc continuer à percevoir des agriculteurs de France, de Belgique, d’Allemagne, de Hollande, d’Espagne et du Royaume Uni, des royalties sur ses trois variétés de quinoas.

La Quinoa serait-elle devenue un nouvel eldorado – una nueva muerte de oro verde – sur les territoires agricoles Européens en voie de désertification? Sans doute, vu le stockage/confiscation de la production internationale de quinoa – achetée à vil prix aux paysans de l’Amérique Latine – par Nestlé et autres multinationales de l’alimentaire afin d’augmenter leurs profits par la spéculation sur la nourriture. Sans doute, aussi, car les marchés potentiels, générés par le fractionnement des protéines de quinoa, confèrent des fièvres “spéculatives” [22] à certains industriels de l’alimentaire et autres breveteurs/maquignons – en mal d’une nouvelle confiscation du vivant. Jason Abbott – et son European Quinoa Group – ne sont, peut-être, que des têtes de pont d’une multinationale (Nestlé, Limagrain, ou autre…) qui envoient quelques jeunes sociétés, au front, sur les charbons ardents de la Quinoa – une plante alimentaire très symbolique de la destruction génocidaire des Peuples Andins, par l’Occident, et de la destruction de leurs cultures et de leurs agricultures. 

L’Association Kokopelli a donc, aujourd’hui, l’extrême plaisir de lancer “l’Arche de Quinoa”, une campagne internationale (à laquelle nous allons inviter à participer tous nos alliés, Gardiens et Gardiennes de Semences, des Amériques Latines) pour faire abroger tous les brevets sur la Quinoa. Ces brevets constituent une insulte à la Mémoire des Peuples Andins et une insulte à l’héritage de ressources génétiques et de trésors alimentaires que ces Peuples Premiers ont légués à l’humanité – le fruit de leur co-évolution, depuis plus de 12 000 ans, avec la Pachamama.

Cette campagne, “l’Arche de Quinoa”, a également comme objectif de promouvoir en Europe, par la Fertilité, toutes les variétés de quinoas qui ont fait leurs preuves d’adaptation à des écosystèmes divers – et il en existe des milliers, de ces variétés, avec ou sans saponine – afin de permettre aux paysans de se libérer du marché captif, et scandaleux, des semences de quinoa brevetées. La voie la plus fertile pour se débarrasser des multinationales de la Semence – et de leurs breveteurs/maquignons patentés – c’est de ne rien leur acheter ! Nous sommes en état d’urgence alimentaire : halte au Terrorisme des multinationales biocidaires de l’alimentaire, des semences et de la pétro-agro-chimie !

Pour la Libération de la Quinoa, Chisiya Mama.

Les Quinoas de Terre de Semences dans l’Allier en 1994

En 1984, Dave Cusack, le politologue US qui contribua énormément à l’introduction de la culture de la quinoa au Colorado, fut froidement assassiné par la CIA, dans les ruines de Tiahuanaco en Bolivie, alors qu’il préparait un ouvrage sur le coup d’état de 1973 à l’encontre du Président Allende – ce même président qui, depuis 1970, avait tout fait pour relancer, au Chili, la culture traditionnelle de la quinoa, “Chisiya Mama”, la Mère des Grains pour les Peuples Indigènes de l’altiplano Andin.

quinoa faro

C’est ce que j’évoquais, en 1994, dans le tout premier catalogue de semences bios de Terre de Semences [15], l’un des deux ancêtres de l’Association Kokopelli, qui proposait alors dix variétés traditionnelles de quinoas : “Isluga”, “Cochabamba”, “Linares”, “Llico”, “Temuco”, “Tunari”, “Real”, etc., qui toutes provenaient du Chili, à l’exception de “Cochabamba” et de “Real”, provenant de Bolivie. Sept de ces variétés sont toujours distribuées, aujourd’hui, par Kokopelli. [14] En 1993/1994, Terre de Semences et le Jardin Botanique de la Mhotte (l’autre ancêtre de l’Association Kokopelli), cultivèrent dans l’Allier – et pour la première fois en France, en bio – une diversité d’une vingtaine de variétés traditionnelles de quinoas. Durant cette même période, les premiers essais en agriculture chimique furent réalisés, dans l’Allier également, dans le cadre d’un programme de l’UNIP (Union nationale interprofessionnelle des plantes riches en protéines). L’Angleterre, quant à elle, avait déjà lancé des essais agricoles avec la quinoa, depuis 1982, dans le but de nourrir le gibier à l’automne. Des essais sans doute discrets car Nestlé, la multinationale criminelle de l’alimentaire, possédait déjà le contrôle incontestable de la quinoa planétaire et n’avait jamais encouragé sa culture Européenne.

Les mensonges de Didier Perréol, le pape de la quinoa bio

C’est à cette époque que la société Euro-Nat de Didier Perréol prit son essor, et le leadership, dans le secteur de la distribution de quinoa bio (avec sa marque Priméal), et à cette époque, également, que le même Perréol commença à décourager les paysans bios Français de cultiver de la quinoa en prétendant, effrontément, que la quinoa ne pouvait pas pousser en France – alors qu’il venait justement d’utiliser mes photos de quinoas, cultivées au Jardin Botanique de la Mhotte, pour sa propre communication de marketing ! Ce sont les paysans bios découragés qui me téléphonaient pour s’enquérir de la vérité “agronomique” de cette espèce alimentaire Andine très riche en protéines. Les élucubrations de Perréol ne s’arrêtaient pas là puisqu’il surfait sur le très célèbre ballon de baudruche du “commerce équitable” en prétendant que sa quinoa bio permettait aux paysans Boliviens et Péruviens d’arrêter de cultiver de la coca et de se recycler dans l’agriculture bio “équitable” – équitable à la mode de l’Industrie Bio, s’entend.

Premièrement, de quoi se mêlent les Occidentaux d’empêcher les Peuples Andins de cultiver leur coca médicinale et multimillénaire? Secondement, l’argument de Perréol était de la pure intoxication publicitaire car sa quinoa “Real” était cultivée, et est encore cultivée, sur l’altiplano froid tandis que la coca, “Mama Inala”, (Erythroxylum coca) pousse naturellement – sans doute depuis des millions d’années – dans des régions subtropicales chaudes à 2500/2700 mètres d’altitude.

Didier Perréol est, pour un second mandat, le président de l’Agence Bio en France. Cette Agence Bio est, en fait, l’Industrie Bio, donc l’Industrie, qui génère des bénéfices énormes en pillant les pays du Tiers-Monde (les pays “émergeant” dans la voie de l’Occidentalisation) de leur précieuse bio-masse, soit sous forme d’intrants pour la fertilité des sols bios Français, soit sous forme de produits alimentaires bios pour la consommation humaine ou animale. L’Afrique, l’Asie du sud-est, l’Europe de l’est et les Amériques Latines sont aux pieds de l’Industrie Bio – sous tous aspects. La France est le pays le plus toxique d’Europe : elle a réussi à transformer l’intégralité de son territoire en vaste poubelle agrochimique et nucléaire et la croissance de l’Industrie Bio est fulgurante – de par les angoisses métaphysiques de la classe moyenne.

Didier Perréol vient de se voir décerner la Légion d’Honneur : pour service rendu à la Patrie et à l’Industrie Bio aux grands malheurs des Peuples Andins – qui aujourd’hui mangent des nouilles Chinoises. Aujourd’hui, il a regroupé ses neuf sociétés dans son groupe Ekibio dont il est le président. Ekibio a été racheté par la société Léa Nature de l’entrepreneur très entreprenant, Charles Kloboukoff, qui a acquis récemment une pléthore de sociétés bios et non bios. Charles Kloboukoff est un idéaliste dont la mission auto-proclamée est de racheter des sociétés bios avant que les Fonds de Pension US ne les rachètent ! Au printemps 2016, il n’a pas pu ajouter la société Celnat, au palmarès de chasse de sa Holding “Compagnie Biodiversité”, car la famille Celle, propriétaire de Celnat, a préféré se laisser racheter par la multinationale Ebro – qui possède les Pâtes Panzani – pour 26 millions d’euros.

La société Euro-Nat a bâti sa prospérité-quinoa, en quasi-monopole pendant une vingtaine d’années dans toute l’Europe, sur l’exploitation éhontée des paysans de l’altiplano Bolivien et Péruvien. J’ai nourri tous mes enfants à la quinoa bio jusqu’au jour où un agronome Français – un ami de Pierre Rabhi, l’un de nos vice-présidents depuis 1999 – m’invita à donner des ateliers sur la production de semences à San Cristobal de las Casas, dans le Chiapas au Mexique, en 2005. Lorsqu’il m’éclaira sur le scandale de la quinoa bio non équitable – car il avait travaillé au Pérou – je commençai alors à dénoncer cet état de fait et à boycotter l’usage de la quinoa dans notre famille. Ces toutes dernières années, de nombreux articles se sont fait l’écho de l’exploitation des paysans producteurs de quinoa, sur l’altiplano Andin. En 2012, au Pérou, alors que nous y passions 7 mois pour préparer le festival Kokopelli-Pachamama, le prix de la quinoa bio était supérieur à celui pratiqué en France ou aux USA.

Les Quinoas brevetées, et sous licences, d’AbbottAgra

L’absence de quinoa cultivée en France (sur le plan des grandes cultures, du moins, car Kokopelli, à la suite de Terre de Semences, a distribué des variétés de quinoa aux jardiniers depuis 1994) a perduré jusqu’en 1998/1999 lorsque des paysans ont commencé à cultiver une centaine d’hectares en Anjou. En mars 2013, un agriculteur  bio Français contacta Kokopelli pour s’enquérir de conseils juridiques. L’un de ses collègues s’était mis à cultiver de la quinoa (avec une souche achetée dans une Biocoop) et à la revendre jusqu’au jour où Jason Abbott vint frapper à sa porte pour lui réclamer des royalties sur la variété brevetée (note 1) de quinoa qu’il cultivait – en toute illégalité. De par la restructuration totale de Kokopelli en 2013, nous n’avions pas pu communiquer sur cette problématique. À la mi-avril 2016, un agriculteur bio Belge me téléphona pour s’enquérir de variétés de quinoas chez Kokopelli parce qu’il ne pouvait pas semer 50 hectares de quinoa car son associé était parti, non pas avec la caisse, mais avec les graines – à savoir avec les “droits” pour la Belgique des mêmes variétés brevetées en France. Cette seconde requête raviva mon intérêt pour ce cas avéré de bio-piratage aux dépens des Peuples Indigènes de l’Amérique du sud.

Les mensonges de Didier Perréol, dans les années 90, ont découragé les paysans bios de développer la quinoa en France – et donc de travailler eux-mêmes sur la sélection variétale – et ces mensonges ont laissé le terrain libre de droits de la quinoa se faire pirater, et breveter, par des opportunistes. C’est ainsi que Jason Abbott, un ancien de Vilmorin/Limagrain, créa sa société AbbottAgra, en 2008, pour faire cultiver de la quinoa sous licence – à savoir la licence qu’il obtint de l’Université de Wageningen pour trois variétés de quinoa brevetées : « Le responsable du programme de recherche, Robert Van Loo, avait remis le projet au placard. J’ai obtenu une licence pour utiliser les variétés Atlas, Pasto et Riobamba. » [4] Selon l’Université de Wageningen, c’est en 2007 que Jason Abbott obtint la licence de leurs trois variétés brevetées. [5] La variété Atlas a été brevetée en 1997; la variété Pasto a été brevetée en 2005 et une seconde fois en 2007; et la variété Riobamba a été brevetée en 2005 et une seconde fois en 2008. Il n’apparaît nulle part évident que l’Université de Wageningen aurait remisé au placard son projet quinoa – d’autant plus que cette université vient de communiquer, en 2014, sur sa “nouvelle” quinoa résistante au sel et destinée à la Chine. [6] (un cas avéré de bio-piratage de plus car les quinoas résistantes à la salinité existent, depuis l’aube des temps agricoles, en Bolivie !!). Et c’est d’autant moins évident que l’Université de Wageningen vient juste, le 15 avril 2016, de déposer une nouvelle application pour breveter une variété de quinoa dénommée “Dutchess”.

Tout n’est pas très clair dans la communication de Jason Abbott qui surfe, de plus, sur les vagues du non-gluten, de l’agriculture raisonnée (cette farce grotesque existerait encore !!) et de la quinoa complète qui, de par le fait que le grain n’est pas poli, conserve tous ses minéraux dans le péricarpe… et aussi tous les reliquats de pesticides et d’engrais de synthèse !! La quinoa de l’agriculture raisonnée est toute aussi toxique que celle de l’agriculture dite conventionnelle/irraisonnée – et même encore plus car elle laisse penser qu’elle ne l’est pas. Pourquoi les graines de quinoa “d’Anjou”, de ces trois variétés brevetées, ne nécessitent-elles donc pas de polissage après récolte? Parce qu’elles sont exemptes de saponine.

La grande esbroufe des Quinoas brevetées par l’Université de Wageningen

Selon Jason Abbott et Robert Van Loo, de l’Université de Wageningen, cette absence de saponine serait l’une des caractéristiques de leurs trois variétés brevetées de quinoas, ainsi que la résistance au mildiou et la capacité d’être cultivée en Europe. Cependant, la communication de Robert Van Loo, et de l’Université de Wageningen, ne brille pas plus par sa clarté – pour ne pas parler de mensonges éhontés sur leur site internet. Nous allons présentement analyser les prétentions de Jason Abbott et de l’Université de Wageningen quant à leurs trois variétés de quinoa brevetées et donc bio-piratées.

Pour ce qui concerne la résistance au mildiou, on peut aisément imaginer que les Peuples Andins – qui cultivent la quinoa depuis près de 10 000 années – n’ont pas attendu les généticiens Hollandais pour sélectionner des populations de quinoas qui ne succombent pas à un excès d’humidité. Il existe, d’ailleurs, depuis 50 années, des dizaines de variétés modernes de quinoa strictement résistantes au mildiou qui ont été introduites par les divers centres agronomiques de l’Amérique du sud.

Pour ce qui concerne la capacité d’être cultivée dans les quelques pays du nord-ouest de l’Europe, (France, Belgique, Hollande…), le premier paragraphe de leur page internet est proprement hallucinant car il annonce que « Wageningen UR has developed three varieties that also do well elsewhere in the world », à savoir que « L’Université de Wageningen a développé trois variétés qui prospèrent également dans d’autres régions du monde ». En fait, le contenu archi mensonger, de cette page de leur site internet, cherche à laisser croire que la quinoa est en grande partie originaire de régions proches de l’équateur et qu’il faut donc faire un travail de sélection pour adapter les variétés à des jours d’été beaucoup plus longs. Et l’université de Wageningen aurait donc le très grand mérite d’être la seule au monde à avoir adapté de la quinoa à nos latitudes Européennes et au climat du nord-ouest de l’Europe – tout en affirmant que ses variétés brevetées poussent ailleurs au monde! (Et d’ailleurs, ils les ont brevetées au Chili aussi!!!).

Tout cela n’est que pure propagande et intoxication médiatiques. Des variétés de quinoa croissent jusque dans le sud du Chili. En fait, toutes les recherches agronomiques au Colorado, depuis 1984, ont été effectuées à partir de variétés Chiliennes ou de variétés du sud de la Bolivie. Il en est de même des variétés distribuées par Kokopelli et sélectionnées par Frank Morton dans l’Oregon, depuis 1994 : elles sont toutes issues de la variété Colorado 407/Dave 407, introduite  en 1987, (et nommée en l’honneur de Dave Cusack), elle-même issue de la population Linares, croissant dans la région de Linares au Chili à une latitude de 36°.

Il faut préciser qu’il existe, en fait, cinq grand groupes de quinoas en fonction des écosystèmes – et dont les voies de ce l’on appelle la “domestication” n’ont pas été identiques : la quinoa des vallées, qui est cultivée dans les vallées inter-andines, à des altitudes entre 2000 m et 3800 m ; la quinoa de l’altiplano qui croît dans le bassin de Titicaca à 4000 m ; la quinoa des terrains salinifiés de l’altiplano à 4000 m et au-dessus dans le sud-Bolivien ; la quinoa des zones basses au niveau de la mer qui est cultivée au sud du Chili ; et la quinoa subtropicale, qui est cultivée dans les yungas subtropicales de Bolivie.

En 1983 et 1984, une dizaine de variétés de quinoa furent testées à Mepal et à Cambridge en Angleterre. Dans les conclusions qu’ils publient en 1991, [7] [9] les chercheurs Risi et Galway évoquent des rendements de plus de 5 tonnes/hectare avec les variétés Chiliennes “Baer” (en fait près de 7 tonnes/hectare pour “Baer”), “Faro” (ces deux variétés croissant originellement dans des régions au niveau de la mer) et la variété Péruvienne (de vallée) “Amarilla de Marangani”, issue de sélection massale à Sicuani dans la vallée de Cuzco – et qui est, de plus, complètement insensible au photopériodisme. Dans leurs conclusions, il est également précisé que les rendements à l’hectare des variétés (de l’altiplano) sans saponine, “Sajama” et “Kanccolla”, n’ont pas pu être calculés car une partie de la récolte a été mangée par les oiseaux – de par l’absence de protection que confère la saponine contre les prédateurs.

Pour ce qui concerne l’absence de saponine, l’Université de Wageningen n’a rien inventé, mais elle fait semblant, et son obtenteur/breveteur Robert Van Loo n’hésite pas, de nouveau, à mentir effrontément : « Les ressources génétiques de l’Amérique du sud contiennent des saponines amères et doivent être processées – par polissage et par lavage – et même alors, il reste encore plus de saponine dans les grains que ce qui existe dans nos variétés sans saponines, qui n’ont pas besoin d’être processées ». [11] Cette déclaration laisserait-elle entendre, d’ailleurs, que les variétés brevetées de Wageningen contiennent encore réellement un peu de saponine? Et à quel pourcentage, alors?

Historiquement, le travail de sélection sur la quinoa commença en Bolivie, en 1965, au centre agronomique de Patacamaya (sous l’égide de la FAO et du Gouvernement Bolivien) et, quasiment en même temps, au Pérou, à l’Université Technique de l’Altiplano à Puno et à Cuzco, sous l’égide de l’INIA. C’est l’agronome Gandarillas qui le premier, en 1968, a collecté et caractérisé les variétés de quinoas traditionnelles de l’Equateur, de Bolivie et du Pérou. Ce sont les chercheurs Koziol et Mizui qui, au début des années 90, ont caractérisé la nature des 13 saponines présentes dans la quinoa, dont 10 étaient inconnues auparavant. [10]

En 1969, le centre agronomique de Patacamaya introduit officiellement une variété dite améliorée, sans saponine, sous le nom “Sajama”: c’est alors une variété F6 (de sixième génération) issue de croisements entre les populations “Real 547” (une variété amère et à grosses graines provenant de Salinas de Garci Mendoza)  et “Dulce 559” (une variété naturellement douce et à petites graines).

Depuis une cinquantaine d’années, ce sont ainsi des dizaines de variétés de “quinoa dulce”, à savoir sans saponine, qui ont été sélectionnées par les centres agronomiques du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l’Equateur – à partir de variétés traditionnelles déjà très douces. Ainsi, en 1992, l’INIAP de l’Equateur a introduit, officiellement, diverses variétés sans saponine telles que “Tunkahuan”, avec 0,06% de saponine, et “Pata de venado”, avec 0,05% de saponine. “Tunkahuan” est, elle-même, issue d’une variété douce collectée en 1985 dans la région de Carchi en Equateur.

Les variétés Boliviennes de quinoa dulce (à savoir sans saponines) “Sajama 1”, “Sajama 2” et “Sajama 3” titrent respectivement à 0,03 %, 0,06 % et 0,005% de saponine. [12] En poids, la variété “Sajama 3” se caractérise par 0,05 mg/g de saponine – ce qui est à comparer avec les variétés de quinoas les plus saponifiées contenant jusqu’à 11,2 mg/g.

Il serait fort intéressant que Jason Abbott et Robert Van Loo communiquent des informations précises sur le pourcentage réel de saponine dans leurs trois variétés brevetées car ces caractéristiques sont, étrangement, introuvables sur le web. Se pourrait-il donc que leurs trois variétés soient réellement totalement exemptes de saponine? Robert Van Loo aurait-il réussi à désactiver les gènes codant pour la saponine par la mutagenèse?

C’est très envisageable, en effet, car c’est l’Université de Wageningen qui a publié, dans son ouvrage “Mutagenesis: exploring novel genes and pathways”, la contribution de l’agronome Péruvienne Gomez-Pando “Development of improved varieties of native grains through radiation-induced mutagenesis”, à savoir “Developpement de variétés améliorées de grains natifs par le biais de la mutagenèse induite par radiation” (au chapitre 4). [1] Gomez-Pando est également l’auteure de l’étude “Developing Genetic Variability of Quinoa with Gamma Radiation for Use in Breeding Programs”, à savoir “Développement de la variabilité génétique de la quinoa avec des radiations Gamma pour de futurs programmes d’obtention”. [2] Gomez-Pando travaille, par les techniques de la mutagenèse, à la création de nouvelles variétés de quinoa et d’amaranthes à grain à l’Université de la Molina au Pérou – une université qui a signé, en 2013, un partenariat avec l’Université de Wageningen [3] portant sur l’amélioration variétale par la mutagenèse.

Conclusions

C’est cette année, en 2016, qu’expire le premier brevet déposé, en 2001, sur une variété de quinoa, dénommée “Baer” par le semencier Erik von Baer au Chili.  Aujourd’hui, il existe une petite trentaine de quinoas brevetées, de par le monde, dont une dizaine par la Hollande. Jason Abbott a breveté, lui-même, la variété “Jessie”, en 2013, en France, aux USA…

Les variétés de quinoa “sélectionnées et brevetées” par l’Université de Wageningen, et dont les licences sont exploitées par Jason Abbott, sont sujettes au paiement de royalties en Europe, aux USA… et au Chili. Pourquoi au Chili ? Parce que l’Université de Wageningen y travaille en étroite collaboration avec Nestlé/Chili au centre de l’INIA à La Platina. [8] Et il n’est pas qu’au Chili, d’ailleurs, où l’Université de Wageningen soit en partenariat avec Nestlé. [13]

Avec la Quinoa de l’Anjou, nous sommes au coeur du bio-piratage le plus flagrant. Les variétés de quinoa de l’Université de Wageningen sont, au mieux, et tout simplement, des variétés Chiliennes et Equatoriennes et, au pire, les mêmes variétés bricolées par mutagenèse.

En Europe, il semblerait que le consommateur bio ait le choix entre, d’une part, la quinoa bio non-équitable du Pérou et de la Bolivie (qui est polie) et, d’autre part, la quinoa bio de l’Anjou (qui n’est pas polie) brevetée par l’Université de Wageningen en partenariat avec la multinationale criminelle Nestlé.

Il reste aux agriculteurs bios, également, la possibilité d’utiliser la variété commercialisée par le semencier Ducrettet dans sa rubrique “engrais verts” à 200 euro environ les 5 kgs – ce qui fait un peu cher pour des semences “d’engrais verts”. Bien qu’elle ne soit nommée nulle part, sur le site internet de Ducrettet, il s’agit en fait de la variété “Titicaca” brevetée deux fois au Danemark ces dernières années. Il semblerait que les Danois soient moins pointilleux que Jason Abbott quant à la revendication de ce qu’ils considèrent comme leurs “droits” sur cette variété de quinoa.

D’ailleurs, cette variété “Titicaca” a été introduite au Malawi depuis 2012 et c’est l’une des variétés les plus adaptées, à ce pays d’Afrique, ainsi que les deux variétés distribuées par Kokopelli – et sélectionnées par Frank Morton en Oregon, depuis 1994 – à savoir,  “Cherry  Vanilla” et “Brightest Brilliant”. Ces trois variétés produisent environ 3 tonnes/hectare sur les sites de Bunda et de Bembeke (à 1200 m et 1560 m d’altitude). Bravo les variétés distribuées, depuis plus de dix ans, par Kokopelli et qui passent partout, ou presque, et bravo aussi pour la variété “Titicaca” qui doit posséder de la bonne génétique Indigène Andine pour être sélectionnée au Danemark et faire des merveilles au Malawi!

Et pour en revenir à la vie quotidienne du Réseau Biocoop, nos interlocuteurs favoris dans le petit monde de la bio-piratée, n’est-il pas surprenant de découvrir, dans les Biocoops, de la Quinoa “Real” de Bolivie à 9 euros/kilo et de la Quinoa d’Anjou à 12 euros/kilo. Gilles Piquet-Pellorce, le nouveau DG de Biocoop, un ancien professionnel des transport routiers, considère-t-il logique que le Réseau Biocoop commercialise de la quinoa bio provenant de Bolivie, à 10 000 km, à un prix fortement inférieur à celui de la Quinoa d’Anjou, produite localement?

Est-ce pour favoriser la production locale que le Réseau Biocoop commercialise plus cher la Quinoa d’Anjou? Ou est-elle beaucoup plus chère parce que les paysans bios doivent verser des sommes astronomiques à Jason Abbott pour avoir le droit de cultiver ses variétés sur le sol Français?

Aujourd’hui, et de nouveau, nous demandons au Réseau Biocoop, et aux autres circuits de distribution de la bio, de prendre leurs responsabilités. Il est tout aussi scandaleux de dépouiller les paysans Andins de leur biomasse que de les dépouiller de leur héritage ancestral en brevetant leurs variétés traditionnelles de quinoa, le fruit de 10 000 années de co-évolution harmonieuse – et dont il existe plus de 15 000 “populations” dans les banques de semences du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l’Equateur.

Nous invitons tous les agriculteurs Français à cultiver de la quinoa bio, à très grande échelle, et sans payer de royalties à quiconque. L’Association Kokopelli a décidé de participer à l’évaluation des variétés présentement disponibles. Cette année, nous allons cultiver une vingtaine de variétés, sur de petites parcelles, dans notre ferme à Camarades. En 2017 – et sans doute même dès cet été tellement ce sujet passionne certains agriculteurs – nous avons le projet de cultiver une très large diversité de quinoas sur de très grandes parcelles au coeur de l’Ariège.

La quinoa, tout comme la Kiwicha, l’Amaranthe à grains – les deux espèces qui possèdent la protéine la plus complète de toutes les espèces alimentaires majeures cultivées au monde – sont des plantes emblématiques de notre mission de protection de la biodiversité cultivée, depuis 1993. L’Association Kokopelli a donc décidé de s’engager complètement, premièrement, dans cette problématique de bio-piratage des variétés Andines, et de prétention à des monopoles de culture et de commercialisation et, secondement, à l’évaluation de variétés anciennes ou récentes, et appartenant au domaine public ou non, afin de proposer les variétés les plus adaptées à certains écosystèmes plus frais et humides, ou au contraire plus chauds et secs – de par la gigantesque diversité propre aux cinq groupes de quinoas.

Cette campagne, nous proposons de la nommer “l’Arche de Quinoa”. Afin que la Quinoa, Chisiya-Mama, puisse se répandre sur toute la planète… en open-source, à savoir dans le domaine public. Car la Quinoa est le fruit de la co-évolution entre les Peuples Andins et la Pachamama durant 12 000 années au moins – pour autant que l’histoire ait pu en retrouver des traces. Exigeons que la Quinoa reste dans le domaine public au plaisir des Peuples – et sous la “protection”, authentique cette fois, des Peuples.

Xochi, le 24 avril 2016.

Note 1. Je suis fort conscient que le terme “brevet” n’est pas adéquat dans ce contexte de la Quinoa. Il faudrait légalement, ainsi que me le conseille Blanche Magarinos-Rey, l’avocate de Kokopelli, parler de “droits d’obtention végétale”, un verbiage grotesque qui en entraîne un autre, tout aussi grotesque, à savoir “protégé par des droits d’obtention végétale”… Je continuerai donc, dans le cadre d’un tel article, à ne parler que de brevets, de brevetage et de breveter. La sémantique est plus courte et tout le monde sait, au moins, ce que cela veut dire : “accès archi réservé”.

De plus, oser parler de “protection”, dans une telle situation de bio-piratage, porte, aisément, à confusion. Et la confusion profite, généralement, à celui qui la sème… jusqu’au jour où le système implose sous le poids de ses propres mensonges et de ses propres confusions.

Ainsi que le suggère, depuis moult années, notre ami Jean-Pierre Berlan, il faudra un jour se résoudre à éradiquer le langage agricole (ou légalo-agricole) – celui qui a été imposé par les psychopathes criminels qui détruisent la Biosphère – afin d’en recréer un, fertile, qui soit en harmonie avec les forces vives de co-évolution de la Terre-Mère.

 

Réponse officielle du Réseau Biocoop du 8 mai 2016

Bonjour,

 Nous n’avons pas répondu directement à l’interpellation de Kokopelli (point arbitré par Claude Gruffat) en revanche nous avons bien établi une réponse officielle qui peut être transmise aux sociétaires ou clients qui nous sollicitent sur ce point.

 Vous trouverez ci-joint la réponse à l’interpellation de Biocoop sur le blog de kokopelli (cf lien ci-après) :

https://blog.kokopelli-semences.fr/2016/04/quinoa-le-bio-piratage-au-coeur-de-lanjou/

Cette réponse a prioritairement pour but de nous permettre de répondre aux sollicitations de nos clients et sociétaires suite à cette sollicitation, elle servira également à une éventuelle publication si Kokopelli nous accorde un droit de réponse : 

« Réponse aux propos recueillis sur le blog « kokopelli » sous l’intitulé le bio piratage au cœur de l’anjou

Biocoop est une coopérative au service du développement de l’agriculture biologique depuis sa création en 1986, réseau militant, son mode de gouvernance et d’organisation est unique puisque l’ensemble de la chaine de valeur y est représenté : les salariés, les producteurs , les consommateurs et les magasins.

Guidé par un projet politique, celui de promouvoir l’agriculture bio paysanne de proximité, Biocoop s’implique au quotidien en développant de nouvelles filières qui contribuent à lui permettre de proposer une offre bio très majoritairement Française.

Dans ce cadre et en toute indépendance les commissions produits Biocoop, constituées elles-mêmes de sociétaires, ont défini une position sur le Quinoa et les référencements en cours que Biocoop SA sous l’impulsion de son Directeur Général met en œuvre, c’est de cette position que vont découler toutes les réponses aux questions ou affirmations formulées dans l’article « Bio piratage au cœur de l’anjou ».

En préambule nous souhaitons affirmer que notre choix de suivre Priméal dans son travail avec la coopérative Anapqui en Bolivie a effectivement pour but d’ancrer les paysans andins sur l’altiplano plutôt que d’accentuer l’exode qui amenaient ces paysans à descendre dans la vallée pour travailler à la culture du coca (cela dans les années 95).

Nous continuons cette collaboration historique par le biais de solidar’ monde.

Dès 2012 nous avons échangé avec Solidar’monde sur le fait qu’il fallait imaginer ensemble un désengagement de nos approvisionnement sur la quinoa d’Anapqui car nous cherchons à soutenir les initiatives de la culture en France, mais a cette période Solidar’monde traversait des difficultés dans son fonctionnement et nous ne souhaitions pas les déstabiliser.

En 2016 nous avons élaboré avec Solidar’monde un plan de retrait à 5 ans (délai correspondant à des échéances financières de notre partenaire)

Dans le même temps

o   Toute notre quinoa conditionnée est d’origine française (dans la limite de la quinoa disponible)

o   Les références en vrac sont encore d’origine Bolivienne et basculeront donc progressivement vers de la production Française au fur et à mesure de la montée en puissance de la production.

Plus prosaïquement voici notre position sur chacun des points techniques principaux soulevés dans l’article :

• « le bio piratage de variétés déjà existantes notamment au chili :

Les variétés de quinoa “sélectionnées et brevetées” par l’Université de Wageningen, et dont les licences sont exploitées par Jason Abbott, sont sujettes au paiement de royalties en Europe, aux USA… et au Chili. »

Les variétés de Jason Abott ne sont pas brevetées , mais protégées par le système de “droits d’obtenteur”, autrement dit, “certificat d’obtention variétale (COV)”. 

Le COV permet de laisser la ressource libre d’accès aux autres personnes (obtenteurs, agriculteurs, citoyens…) à des fins de recherche. N’importe qui peut utiliser librement et gratuitement la nouvelle variété pour en créer une autre, sans qu’il soit nécessaire d’avoir l’accord du propriétaire. Ainsi  sous COV, un obtenteur a le droit d’utiliser librement les variétés existantes pour obtenir une nouvelle variété, alors que sous le système de brevet ceci est interdit. Jason abot et son interlocuteur de l’université de Wageningen sont opposés moralement au système de brevets dans le domaine végétale qui de plus est une contrainte dans leur sélection de nouvelles variétés de quinoa.

Effectivement, Jason Abott vit de son travail de sélection grâce à des royalties sur les volumes récoltés. Par contre, il n’a jamais contraints les producteurs européens qui souhaitaient se lancer dans la production du quinoa à travailler avec ces variétés (cf ci-après sa réponse de ce jour à kokopelli)

« Ce ne sont pas les seules variétés de quinoa au monde. Il y en a des milliers. j’ai encouragé certains agriculteurs souhaitant garder une indépendance et ne se retrouvant pas dans le système que je proposais à acheter des semences chez Kokopelli. J’ai même fourni des semences de la variété danoise Titicaca (libre de droit mais amère) à plusieurs agriculteurs qui souhaitait produire du quinoa — mais sans faire partie de la filière que j’essaie d’organiser spécifiquement autour de la R&D que je fais avec Wageningen. Dans mon système, seules ceux qui contribuent à la R&D peuvent utiliser commercialement les quelques variétés que je développe. Si je veux vivre de mon travail, je suis contraint de poursuivre les personnes opportunistes qui bénéficient de ce travail sans contribuer aux efforts d’amélioration collective.  Je dois aussi éviter comme en Belgique que les producteurs du groupe ne se fassent la guerre si on veut continuer à travailler en transparence. Rien n’empêche le producteur Belge non satisfait d’utiliser des semences différentes. Nous ne cherchons pas être les seuls producteurs du quinoa en France ou en Europe. Le quinoa est cultivé en France et en Europe depuis des siècles et la surface de production grandira naturellement en phase avec la consommation.  Nous cherchons à créer une filière organisée. Ce n’est pas pour tout le monde, mais je ne vois pas comment on peut regretter son existence parmi d’autres formes et structures de production et commercialisation ».

• l’utilisation de mutagénèse

« Les variétés de quinoa de l’Université de Wageningen sont, au mieux, et tout simplement, des variétés Chiliennes et Boliviennes et, au pire, les mêmes variétés bricolées par mutagenèse »

               Les variétés sélectionnées par l’université de Wageningen et Jason Abott proviennent de croisements réalisés en Hollande entre des populations chiliennes (adaptation aux jours longs) et Equatoriennes non-amères.      Ces variétés européennes ne sont pas issues de mutagénèse qui ne présente pas d’intérêt pour le quinoa

• la nature des liens entre l’Université de Wageningen et Nestlé.

               Nestlé a participé par le passé au financement d’un essai variétal chilien sur le quinoa auquel participait l’INIA (l’INRA chilien) et l’université de Wageningen mais il n’y a pas plus de lien à ce jour entre l’université de Wageningen et Nestlé. 

• Pourquoi Biocoop vend plus cher le quinoa Français que le quinoa bolivien ?

                Parce qu’il n’est pas facile de cultiver les variétés sans saponine en Europe et il faut bien payer les producteurs pour les motiver. Le travail de sélection n’en est qu’à ces début. Il y a encore un gros travail de sélection à réaliser pour avoir des variétés sans saponine adaptées au bio et plus productives

En conclusion il ne faut pas douter de l’intention de Biocoop qui est de toujours produire au plus près et au plus juste mais la Bio est un système d’amélioration continue qui prend du temps. »

Bien à vous,

 

Réponse de Didier Perréol du 12 mai 2016

Bonjour,

Sur la demande de M. PERREOL actuellement en déplacement, je vous remercie de bien vouloir prendre connaissance de son message ci-dessous. 

« Dominique,

Te sachant en déplacement à l’étranger et injoignable selon ton fils avec lequel je me suis entretenu dernièrement, merci de lire ces quelques lignes à défaut de pouvoir te parler de vives voix.

 J’ai été fort surpris et plutôt choqué d’être mis en avant aussi honteusement dans ton dernier article sur le quinoa. Que tu fasses un argumentaire sur les problématiques de la graine, je l’entends, que tu m’associes de façon diffamatoire pour appuyer ton discours est intolérable.

Je ne prendrais pas d’énergie ni de temps pour répondre point par point à tes propos mensongers, mais ma ligne de conduite toutes ces années autour du quinoa biologique a toujours été transparente et dans le but de faire connaître cette graine au plus grand nombre 

A aucun moment (et prouves moi le contraire) je n’ai eu un discours pour empêcher cette culture en France (d’ailleurs tu t’insurges sur la coca « médicinale » alors que s’approprier cette graine ancestrale et culturelle des Andes, en France ne te pose pas de problème…), à aucun moment je n’ai utilisé tes propres photos ! Je ne peux pas te laisser non plus colporter des propos aussi injurieux sur ma démarche équitable en Bolivie. Je sais ce que j’ai apporté avec mes équipes, ces 28 dernières années à ces communautés, l’apport et le soutien réel, l’amélioration des conditions de vie, le développement commercial et économique, les échanges, l’autonomie…preuves à l’appui car relevées par la certification Ecocert. Ça n’a jamais été « un ballon de baudruche » mais bien un réel engagement. D’ailleurs je n’ai jamais parlé que la culture du quinoa permettrait aux boliviens d’arrêter la coca (as-tu un écrit ?!!), ça n’a jamais été mon discours.

Pour finir, afin d’être bref, car il y aurait en effet beaucoup à dire, pour ton information personnelle, l’AGENCE BIO est un ’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, une plateforme nationale d’information et d’actions qui s’inscrit dans une dynamique de développement, de promotion et de structuration de l’agriculture biologique française. Depuis 2001 l’Agence BIO est un groupement d’intérêt public…et donc bien loin de tes divagations sur une industrie qui pille les pays du Tiers monde, mais qui œuvre bien pour des prises de positions, des causes  que nous avions en commun à une époque…

Je vais en rester là, mais je te demande par retour de mail, d’enlever immédiatement cet article de ton blog. De réécrire si tu le souhaites ton histoire sans me citer. Je veillerais bien entendu à ce que le nécessaire soit fait dans les plus brefs délais.

A te lire ou t’entendre. 

Didier PERREOL »